Lycée
IIIPPOLYTE.
ait eu lieu ! Peut-on pousser plus loin la mauvaise foi, ou
tout au moins linattention?
Enfin, nous rencontrons des critiques plus sincères et plus justes. Elles portent sur deux passages du rôle d Hippolyte et de celui de Thésée. Quoique La Harpe ait peu compris le premier de ces personnages, qui est fort loin de nos moeurs et de nos habitudes théâtrales, on ne peut s empêcher de convenir avec lui que la longue déclamation contre les femmes, où Euripide semble avoir parle lui-même sous le masque de son héros \ est un
morceau peu conforme au génie de la poésie dramatique,
et même quelquefois à la raison \ H faut lui accorder aussi que Ihesee, malgré ses justes motifs de ressentiment ne
se montre point assez père lorsqu'on lui annonce la mort de son fils'. Mais, en faisant cette dernière concession n oublions pas de remarquer que La Harpe, trompé par la traduction de Brumoy, a beaucoup exagéré la dureté qu il reproche au roi d'Athènes. Les tragiques grecs auraient plus que d'autres le droit d'accuser leurs traducteurs de trahison. La plupart des critiques qu'on leur
oppose ont pris leur source dans des versions infidèles Pour y répondre il suffit presque toujours de recourir au texte. Ainsi dans le passage qui nous occupe, Brumoy
fait dire a Thésée : r ' j
« Je l'avouerai, ma haine pour un perfide m'a fait écouter ce récit avec quelque sorte de satisfaction. Mais enfin je sens que la piété envers les dieux, et la tendresse pour un fils tout coupable qu'il est, se réveillent dans mon cœur Ainsi sans douleur sur cet événement, je demeure
dans 1 indifférence. » .
La Harpe, qui transcrit, ou peu s'en faut, cette traduction lache et traînante, mais surtout très-peu exacte, se recrie avec raison sur tant de froideur chez un père et
dans un pareil moment. S'il eût pris la peine de la comparer au grec, comme le voulait l'équité, il eût sans doute