‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 363 sur 893 · Comparaison^ etc., déjà citée · texte numérisé non relu

Comparaison^ etc., déjà citée

IIIPPOLYTE.

de loin ; le critique allemand, une haine patriotique contre la France,^ dont il attaquait le théâtre, en attendant mieux. Leurs écrits sont remarquables par la connaissance de la scène antique. Le second surtout y montre cette sagacité savante qu'il fit depuis briller d'un si vif éclat dans la première partie de son Cours de littérature dramatique I pénètre tous les secrets du génie tragique des Grecs; et développe les beautés les plus délicates de la composition d Euripide. Mais ce goût fin et sûr l'abandonne

complètement quand il s'agit de la tragédie française et

de 1 oeuvre de Racine, dont il Ignore, ou feint d'ignorer

1 esprit et le caractère ^ C'est tout le Contraire de La

Harpe, si habile à expliquer les ressorts de notre théâtre, et qui perd subitement le sens critique quand il se trouve transporte au théâtre d'Athènes, devant une pièce d'Euripide. On croit, en écoutant leurs arguments contradictoires, entendre deux plaidoiries sans conscience, où une iDonne cause est compromise par l'ardeur de l'avocat à travestir et à diffamer son adverse partie. Ce qui complète la ressemblance, c'est que les plaidoiries seules font le

procès, qui, sans elles, n'existerait pas, et que terminerait aussitôt un équitable arbitrage. Les deux pièces, en ettet, pas plus que les deux théâtres, n'ont rien à se disputer; chacune a son caractère particulier, son origina-

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le L^Hu'2Voctobre' 1827^7^ n'^lf? ''''''" '" ''• P'.^^^oi^ d^ns

élégantenoticedonu Gepuzez en 1847 î f^n -^ ^^^^^^-^ et ThffnLrp rhnic, H^ nJ.t ^^^^ f ^° ^°'*' ' ^ fait précéder son édil on du a marnuMa r.nl ^«"'^«'. es notes pleines d'érudition et de f?oût où il

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dermorts r^?^^^^ ^''^^ ^^'" modèles antiques. Dans des DiabLes

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à l'autre .mp fwin^t ' ' P'^«^a"t a l'un un ton affirmatif et tranchant

fran-h.co^' • • ^^Rt^etien, d ailleurs piquant et nstructif d'une pe-rcW à sTlZl T, 1?:°1"^""'--'. ' '•««"■»«„ , fait p^yer"ûn

EURIPIDK.

lité. Ce n'est pas seulement l'esprit de la composition et

le choix des mœurs qui les distinguent, c'est encore la

conception principale. Du fonds fourni par Euripide, et de quelques indications de Sénèque, Racine, je l'ai dit plus haut, animé par le spectacle des mœurs de son temps, inspiré surtout par les idées du christianisme, a su tirer une production que ne peut revendiquer la Grèce, et qui appartient en propre à notre théâtre. Assistons, par la pensée, à cette transformation d'une tragédie grecque en 1 une tragédie française, à cette espèce de métempsycose qui de l'œuvre d'Euripide a tiré l'œuvre de Racine ; ce

sera interpréter et justifier l'une et l'autre; ce sera répondre à la fois aux irréconciliables partisans de l'ancien et du moderne, à La Harpe et à Schlegel.

Lorsque, dans l'analyse de VHippolyle, nous avons rapproché de quelques scènes grecques limitation française,

on a pu déjà être ^Tappé d'une grande diversité de ton et de manière. La molle abondance d'Euripide s'est restreinte, son abandon s'est réglé, son mouvement un peu lent a pris de la rapidité, sa familiarité de la noblesse. Los mœurs elles-mêmes ont paru avoir part à ces changements

du style, plus simples, plus domestiques dans VHippolyte,

plus élégantes et plus magnifiques dans la Phèdre : là

c'était une maison, des maîtres, des serviteurs; ici c*est

un palais, palais modeste il est vrai, oii les personnages viennent respirer

Du tumulte pompeux d'Atliène et de la cour *.

Ce vers seul de rexposition nous avertirait d'abord que la Trézène de Racine n'est plus celle d'Euripide. Hippo-

lyte ne l'habite pas seulement; il la gouverne, il en est le roi; il y a des courtisans et une garde. Cet appareil le suit jusque dans les tableaux douloureux du récit qui nous retrace sa mort. Ce ne sont point, comme chez Euripide, ses compagnons d'âge et de plaisirs qui l'accom-

l. Act^ 1, se. 1.

H 1 PPG LYTE.

pagnent dans son exil et assistent à ses derniers moments ;

ce sont ses gardes afpigès :

J'y cours en soupirant et sa garde me suit',

dit Théramène.

Ce même Théramènt^, Dien différent de l'esclave qui, chez Euripide, remplit l'office de narrateur, et qui, dans son chagrin familier, ménage si peu le rang de Thésée, Théramène mêle à l'expression pathétique de ses regrets

la politesse prudente des courtisans; il n'oublie point ce

qu'il est, ni à qui il parle ; il craint, en laissant voir ses

larmes, de manquer au respect d'un sujet; excusez ma douleur, dit-il au roi.

La moderne Trézène est agitée par les soucis de l'am bition et les intérêts de la politique. On s'y occupe beaucoup de la succession de Thésée, des prétentions rivales de l'ancienne dynastie et de la nouvelle, du fils de l'étrangère et des enfants du roi , toutes choses dont il n'était point question dans la Trézène antique. Des soins plus

doux y ont aussi leur place. C'est une Aricie, que Racine,

il est vrai, s'applaudit beaucoup d'avoir empruntée aux traditions de la mythologie % mais qui n'a, des temps héroïques et d'une femme grecque, que le nom, et dont

la coquetterie savante, la délicatesse raffinée, les détours ingénieux, appartiennent tout à fait à la galanterie moderne. C'est un Hippolyte de la même époque, par les sentiments et par le langage, chez qui tout dément cette rudesse, cette fierté sauvage, dont il se vante par souvenir et par habitude, et à qui ceux qui l'ont connu en Grèce seraient tentés de dire comme son gouverneur :

Pourriez-vous n'être plus ce superbe Hippolyte ^ ?

Qui méconnaîtrait dans ces altérations l'influence qu'a

du exercer sur les tableaux du poëte français le spectacle d'une cour polie, éléganle, majestueuse, tout occupée

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