‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 366 sur 893 · Acte IV, se · texte numérisé non relu

Acte IV, se

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ce regret de Tinnocence, par cette horreur du crime, qui Qe sont point la vertu, mais qui la rappellent encore,

comme une noble ruine, après que les passions Tout détruite.

De là est sorti ce type admirable d'une tragédie seulement soupçonnée par Euripide, et qui nous appartient

en propre; de cette tragédie, où la passion, soumise à l'épreuve de crises décisives, et comme mise à la torture par des situations dramatiques, se laisse arracher ses plus intimes secrets; de cette tragédie qu'on a nommée abstraite, parce que, négligeant les circonstances locales et individuelles, elle tend à se renfermer dans l'analvse et

l'expression des sentiments, et que, se passant presque

des époques et des lieux, elle paraît n'avoir d'autre scène

que le cœur humain lui-même.

,1e n'ai voulu interrompre par aucun détail étranger le parallèle des trois célèbres ouvrages qu'a inspirés le sujet de l'amour de Phèdre et de la mort d'Hippolyte à Euripide, à Sénèque, à Racine : je n'ai même cru devoir insister que sur VHippolyte grec et la Phèdre française,

qui sont seuls des monuments, d'admirables monuments

de l'art tragique : pour la pièce latine, je me suis borné à marquer les rapports généraux qui la lient aux deux

autres, à la placer entre elles comme une sorte de transition, sans m'arrêter sur ce qui d'ailleurs se trouve partout, et dont l'intérêt semble épuisé, sur les vices de composition, sur les fautes de goût, innombrables dans cette production, comme dans toutes celles du même poëte,

«ur les beautés de pensée et de style, qui y sont nombreuses aussi, et que rend si précieuses l'usage qu'en a fait Racine. Autour de ces trois tragédies, je grouperai, en finissant, un certain nombre de pièces com])osées sur

le même sujet, ou sur des sujets analogues, et qui, à divers titres, comme débris du théâtre antique, ou ébauches

de notre scène naissante, par la gloire et quelquefois aussi

par le renom ridicule de leurs auteurs, méritent un souvenir de la critique.

Il est bien regrettable qu'il ne soit resté de la Phèdre

IIIPPOLYTE.

de Sophocle qu'un petit nombre de maximes conservées

par Stobée, sur l'universelle puissance de l'amour, l'empire fatal des passions, le malheur des joies coupables et des désordres domestiques, maximes à travers lesquelles on entrevoit le sujet traité, soit avant, soit après Sophocle, on ne le sait et on serait curieux de le savoir, par Euripide. Du fragment vi% qu'on peut traduire ainsi : « Soyez indulgentes et discrètes : ce qui est honteux pour les femmes, des femmes doivent le tenir caché, » on peut conclure que, chez Sophocle, aussi bien que chez Euripide, un chœur de femmes recevait la confidence de la passion de Phèdre, et lui gardait le secret'.

Outre ses deux Hippolyte , Euripide avait composé quelques tragédies, de sujet assez semblable, qui en furent la préparation ou la réminiscence, et dont il importerait beaucoup, pour se fixer à cet égard, de connaître la date.

Tel aurait été le Phryxus de ce poëte, si, dans cet ouvrage, il avait suivi, comme on l'a cru, la tradition % d'après laquelle le fils d'Athamas n'avait dû les persécutions d'Ino, qu'à ses refus de partager l'amour incestueux de sa belle-mère ; si, comme on pourrait encore le supposer, c^était la belle-mère éprise de son beau-fils qui lui adressait ces paroles : « Une seconde épouse, dit-on, ne peut vouloir que du mal aux enfants d un premier lit; je me garderai de mériter ce reproche'. ?>

Telle fut certainement sa Sthénobèe\ pièce dont Aristophane, dans ses invectives contre la moralité du théâtre

1. Sur les fragments de la Phèdre de Sophocle, voyez, en dernier lieu, F. A. J. Ahrens, Sophocl. fragm. éd. F. Didot, 1842, p. 347 sqq.; A. Nauck, Trag. grac. fragm., 1856, p. 222 sqq.

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