‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 370 sur 893 · Orat., xLVi · texte numérisé non relu

Orat., xLVi

p ^652^^°^^ ' ^^^^^ l'Euripide Variorum de Glasgow, 1821, t. VII,

HIPPOLYTE

l'imprécation d'Amyntor contre son fils. Dans cet autre "Vers :

Quani libi ex ore oralionem duriter dictis dédit* !

« Quelles dures paroles il t'a fait entendre ! »

il est permis de reconnaître le langage des amis qui, chez Homère, veillaient près de Phpnix pour s*opposor à son départ, et peut-être dans la tragédie lui suggéraient des îd'es de vengeance vertueusement repoussées. Ce qui est hors de doute, c'est que la noble résignation de Phénix à son malheur s'exprime par ces vers dispersés dans les auviages des grammairiens, et que rapproche, rassemble, comme en une tirade, une intention générale :

Sed virum vera virtiite vivere animatum addecet;

Fotlilerque innoxium vacare a<iversiis adversarios : E;i liberlas est, qui pectus piirum et firmuni geslltat; Aliœ res obnoxioscc nocte in obscura latent*.

Sacviter suspicionem ferre falsam, futilum est*.

Ut quod factum est futile, amici, nos feramus fo^titer^

Plus miser sim, si scelestim faxim"....

« L'homme ne doit s'inepirer que de la véritable vertu; il faut qu'il ait le courapre de denienrer sans tache en présence de<es adversaires. Celui-là seul est libre, dont le cœurestpur et ferme; tout ce qui est e-clave de sa pas-^ion est comme

pli)n«ré dans une sombre unit.. . Se révolter contre un faux boiipron, c'est lég.relé.... Ce qu'on a lait contre nous si iégèrenicnl, suppôt tons-le courage isenicnt, mes amis.... Je serais bien plus à plaindre, si je me rendais coupable.... »

î, Nnn , V. Vurifer.

5. A. Gol) , Vil, 17. —3. Non., v. S.rviter. — 4. îd., v. Futile. ^. Id., V. Faxi ". Lp même îçramniairien, v. Cvpientrr, rap|>orte un

TPi'^ ' t ce U' piè-equi oflre de Talii éraiion, par les giâces de aqnelle £ii iu^ n'Ievait si riidp poé ie. un exemple non muins frappant que ttfUii dont il a éié (jucslion plus haut, p. 29 :

... .StuUu'st qui cupita cupiens cupienter cupit.

Les fragments grecs nous rendent de la même scène des traits bien éloquents :

« Quand je voyais aller par la ville quelque aveugle, alta-

?Au^ ^°" guide, et se plaignant de son sort, je le trouvais

lâche de ne pas recourir à la mort. Et maintenant, malheureux! me voilu tombé bien au-dessous de mes paroles. O mortels, épris de l'existence, qui souhaitez voir le lendemain, tout accables que vous êtes du poids de vos maux! Tel est chez les hommes Tamour de la vie. Mais la vie, nous la connaissons, et, Ignorant la mort, chacun craint de quitter cette lumière du soleil '. »

a Patrie de mes pères, adieu! Pour l'homme, bien qu'écrasé par le malheur, nulle terre n'est plus douce que celle qui l'a nourri*.» ^

Voilà quel langage Euripide faisait tenir à son héros prêt

à partir pour l'exil, aveugle, et dans un désordre sur lequel n'a pas manqué de s'égayer Aristophane Ml fait dire par Euripide à Dicéopolis, qui vient lui emprunter quelque vieux costume tragique , bien lamentable , au moyen duquel il puisse toucher les Athéniens* : «Quels habits veux-tu?... Ceux de l'aveugle Phénix^? »

Qu'Euripide ait lutt4 en quelque sorte avec lui-même dans ces diverses tragédies, rien de plus simple. Il n'y a guère de génies féconds qui n'aient ainsi poursuivi, sous

plusieurs iormes , sans pouvoir se contenter, une même

idée. Mais que Lycophron, après Euripide «, ait eu le courage d'écrire un Hippnlyie, c'est ce qui pourrait surprendre, s'il n'avait recommencé sous les titres de Pentlùe, à'Eole, de C/irysippp, d'Andromède, d'autres tragédies dil même poëte, s'il n'avait affronté par deux Œdipe la con-

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