‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 374 sur 893 · ActelI, se 3. v.608sqq · texte numérisé non relu

ActelI, se 3. v.608sqq

ne laisse pas remonter au jour ceux qui une fois Tont quitté. Plulon renK ttrail-il »n liberté le ravisseur de sonépouse? Oublierait-il, ce dieu terrible, son injure?

HIPPOLYTE

Les dieux du ciel, plus favorables, nous ramèneront un jour Thésée. Mais tant qu'ils nous laisseronl douter de son retour souhaité, je montrerai pour mes frères les sentiments que je le r ilois, et ne mériierai point que vous puissiez vous croire

veuve. Je tiendrai près de vous la place de mon père.

Qu'on me permette de ra'arrêter un moment pour faire remarquer l'artifice singulier de ce dialogue ; comment Phèdre, avec une adresse qu'inspire la situation, par tous ces mots de veuve de Thésée, de sœur, de servante

d'Hippulyte, se crée avec celui qu'elle aime, pour s'approcher par degrés de son cœur, sans etïaroucher sa vertu,

des rapports imaginaires, tandis que celui-ci. comme s'il

avait le sentiment de cette attaque détournée, y oppose

d'avance le grave titre de mère, qui les replace l'un et l'autre dans leur situation véritable.

Schiller se souvcnait-il de cette espèce de tactique morale, lorsqu'il représentait la femme de Philippe II se couvrant, contre les transports du fils de son époux, du

caractère, du nom de mère, qu'écartait, repoussait, avec indignation, l'impétueux amant'?

Etait-elle présente au souvenir d'un des poètes qui en

ces derniers temps ont rappelé avec le plus d'éclat les

beaux jours de notre tragédie, lorsqu'il écrivait la scène

OÙ Lucrèce, surprise dans sa retraite pudique par Sextus, l'appelle son hôle^ Cami de son èpoax^ plaçant, par un instinct secret et délicat, ces titres sacrés entre elle et l'homme qui vient pour attenter à son honneur'?

Hippolyte, sans le savoir, a ouvert, aux aveux de Phèdre, une voie plus facile, quand il lui a promis de

tenir auprès d'elle la place de son père. Elle s'empare de

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