‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 377 sur 893 · Acte V, se · texte numérisé non relu

Acte V, se

HIPPOLYTE

envoyé par Neptune contre Hippolyte, est comme pressenti dans ceux-ci * :

Elle bout, elle escume, et suit en mugissant

Ce monstre qui se va sur le bord eslançant. On peut le dire, les vers heureux ne manquent pas

plus à cette pièce de Grarnier qu'aux autres du même

auteur, bien qu'ici comme ailleurs son style soit en général prolixe, languissant, trivial. Il s'y rencontre des traits comme ceux-ci, par lesquels le vieux poëte échappe à sa manière habituelle et à celle de son temps :

Celui qui veut beaucoup veut encor plus pouvoir.

C'est presque guarison que de vouloir guarir.

La mort jamais ne manque à ceux qui la désirent.

La mort est moins à craindre et donne moins d'esmoy, Quand on laisse en mourant quelque regret de soy.

Je meurs de vous trop voir....

Garnier a fait faire quelques progrès à la tragédie classique de Jodelle, mais, je l'ai déjà dit*, seulement des progrès de style. A ce perfectionnement ont concouru à

peu près également et Sénèque et les tragiques grecs.

L'un, par son emphase même, a élevé quelquefois l'imitateur au-dessus de la platitude ; sur les traces des autres

quand il a préféré les suivre, il lui est arrivé de rencontrer la naïveté et la grâce. Sans doute, ces bonnes fortunes ont été rares. Le plus souvent Garnier nous choque par la bigarrure gréco-latine de ses devanciers, par la trivialité d'une époque oii le départ n'était point fait encore entre le langage vulgaire et la langue oratoire et poé-

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