Comyaraison^ etc., déjà citée
HIPPOLYTE
Visé, Sublîgny*, appuyaient précisément, le premier surtout, leur ridicule impartialité sur cette raison : que les deux auteurs ne pouvaient guère être, avec justice, préférés l'un à l'autre, ayant traité des sujets tout différents. Ils reconnaissaient , ce qui fut mis ensuite en oubli , fort naturellement, avec la pièce même de Pradon, que ce poète,
mal avisé , avait complètement changé , détruit le sujet ,
qu'il en avait, sous les mêmes noms , traité un tout nouveau; et quel encore! On ne sait en vérité ce qui doit le
plus révolter dans sa pièce, ou la trivialité des situations, ou la fadeur des sentiments, ou enfin, sauf quelques vers^ sur lesquels semble avoir influé heureusement la concurrence de Racine, la platitude du style.
L'élégance de la versification et certains détails tou chants ont sauvé de l'oubli, chez les Anglais, une tragédie de Phèdre et Hippolyte, donnée par Edmond Smith
en 1707. Si l'auteur s'est rapproché par le style de la
Phèdre de Racine, qu'il a imitée en plus d'un endroit, il s'est tenu plus près encore de celle de Pradon par un
plan où le sujet est singulièrement défiguré. On en jugera d'après cette rapide analyse qu'en a faite, dans un judicieux article' sur le théâtre des Grecs de Brumoy, M. Andrieux :
« .... Hippolyte y est accusé d'inceste par un ministre
1. Mercure galant de 1677, t. I; Disserlalion sur les tragédies de Vhèdre el Hippolyte. Voyez Histoire du théâtre français^ t. XII, p. 1 sqq.