NUTRIX
Cupide cepil miserarn nu' c me prosequi
Cœlo atque terrae Medeae miserias.
« 0 toi, depuis si longtemps et si fidèlement attachée à la garde de
ta maîtresse, qui te retient ainsi, tout égarée par la douleur, hors du seuil de la maison? — Dans mon chagrin, le désir m'a pris devenir
raconter au ciel et à la terre les infortunes de jMédée. »
Quintilien raconte (Instit. orat, VIII, 3, 31) qu'au temps de sa jeunesse, il y eut entre deux poêles trafiques, L. Pomponius Secundus et Séricque, une grande dispute sur la légitimité de cette expression, dont Ennius, on vient de le voir, avait dcnn^ l'exemple, gradus éliminât.
2. Circonstance qui n'est pas sans vérité loca'e, ni peut-être sans
intention satirique. Les Corinthiens passaient en eflét pour joueurs.
Musgrave cite à ce sujet un passage de Jean de Sali^bury {Nug.
fl
blent, non loin de la fontaine de Pirène. Là, j*ai entendu
dire à quelqu'un, qui ne se croyait pas écouté de moi,
que Créon, le maître de ce pays, allait chasser du territoire de Gorinthe ces pauvres enfants et leur mère * . » Cette dureté du roi, et la lâcheté de Jason qui la souffre, révoltent les deux serviteurs; mais l'indignation du vieillard eU plus contenue que celle de la nourrice; il montre plus d'expérience des choses de la vie, plus de résignation aux malheurs inévitables que le temps amène ;
comme elle, de son côté, paraît avoir du caractère de sa
maîtresse et de tout, ce qu'on en peut craindre, dans une
telle situation, une plus exacte connaissance. Quelle vérité
dans ces détails! Je m'y arrête volontiers, parce qu'ils
caractérisent le génie de ia scène grecque. Ces vieux et lidèles domestiques, qui ont chacun la physionomie de leur âge et de leur emploi; cette triste conversation qu'ils tiennent à la porte de la maison, en présence de leurs jeunes maître.^ qui ne les peuvent comprendre, et devant qui toutefois ils se contiennent; ce bruit de ville appris
d'un passant, dont ils parlent en secret, et qu'ils commentent avec douleur : combien tout cela ressemble à la nature, et comme nous voilà introduits sans effort dans ce
ménage de héros, que trouble l'inconstance, et que va ensanglanter la jalousie !
Le vieillard s'apprête à rentrer avec les enfants; la nourrice lui recommande de ne pas les laisser approcher de leur mère; elle l'a surprise, dit-elle par une magnifique expression qu'on ne peut rendre, qui attachait sur eux un œil farouche, l'œil d'un taureau furieux*. C'est la
seconde fois qu'on nous fait ainsi pressentir l'horrible
catastrophe; mais elle nous est bientôt plus clairement cvrial^, que M. Artaud, dans une note de son élégante traduction
d'Euripide, reproduit ainsi : » Cliilon, de Lacédémone, ayant été envové I our former une alliance avec eux, trouva les principaux de ia ville les séiiaieurs et les vieillards occupés à des jeux de hasard. Il s'en 'alla sans rien conclure, dis.mt qu'»! ne voulait pas que Sparte souillai sa gloire en s'alliant à des joueurs- ••
i. V. 67 sqq.