TaupoviiiévYiv, v. 92. Cf
MBDEE.
annoncée par les cris de Médée, que nous entendons retentir au fond, de sa demeure. Au milieu du tumulte qu'ils
répandent sur la scène, de la fuite des enfants qu'entraîne leur gardien fidèle, des txclaraations de terreur qui
échappent à la nourrice, on distingue ces effroyables paroles :
« Mourez, enfanis maudits d'une mère désespérée; mourez avec votre père; que toute notre maison périsse*! »
Voyez par quelle gradation frappante la tragédie arrive
sur le théâtre et nous émeut déjà avant de se montrer.
N'est-ce pas là véritablement un chef-d'œuvre d'exposition et qui rachèterait bien des prologues ?
Cette exposition, il le faut avouer, se refroidit un peu par les réflexions qui la terminent, réflexions belles sans doute, et amenées naturellement, mais trop prolongées, d'un tour trop sentencieux, d'une intention trop didactique. La nourrice remarque que l'habitude corruptrice du pouvoir absolu donne aux princes ces passions emportées; elle s'applaudit de la médiocrité de sa condition,
({ui la sauve d'un tel joug et des misères qu'il apporte*.
Quelque élevée que soit cette morale, je crois plus dramatique, dans Shakspeare, ces simples et courtes parole» d'une suivante de lady Macbeth, qui s'écrie, en recevant les étranges aveux arrachés par le remords à sa maîtresse endormie : « Je ne voudrais pas avoir un pareil cœur dans mon sein, au prix de toutes les grandeurs accumulées sur sa personnel »
Cependant, selon la coutume des tragiques grecs, après
ces scènes de prologue, le chœur arrive sur le théâtre; il
est, je l'ai déjà dit, composé de femmes corinthiennes,
qui plaignent les malheurs de Médée et viennent la consoler. Par une disposition d'un effet frappant, mais dont