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l. Macbeth, acte V, se. 1.
la première idée appartient, je crois, à Sophocle, les strophes OÙ le chœur exprime sa compassion, ses craintes, ses
vœux, ses conseils, sont coupées par la plainte de Médéc
qui ne cesse de se faire entendre derrière la scène, par ses imprécations contre le parjure de son époux, ses appels à la justice des dieux, ges serments de vengeance. La nourrice mêle à ce dialogue singulier quelques paroles de douleur et d'effroi ; elle fait remarquer et explique au chœur les menaçants discours de sa maîtresse, dont elle
comprend mieux que personne l'eflrayante portée *.
On peut se rappeler que dans V Ajax de Sophocle*,
tandis que les soldats du héros s'entretiennent sur la
scène avec sa captive Tecmesse de l'égarement, de l'opprobre oii les dieux l'ont plongé, on entend Forlir de sa tente encore fermée les cris de son désespoir. C'est toujours, chez Euripide, la même industrie pour tourner à son usage, et marquer de son originalité les plus heureuses conceptions de ses maîtres et de ses rivaux. Dans l'ouvrage de Sophocle, les Salaminiens terminaient
la scène dont nous tarions en priant Tecmesse d'ouvrir
la tente d'Ajax et de leur montrer leur général. De
même ici les Corinthiennes chargent la nouriice de leur
amener, s'il se peut, Médée, dont elles veulent adoucir les peines et fléchir la colère. La nourrice se rend à leur vœu, sans trop espérer de réussir; elle exprime en partant, dans des vers charmants, que se sont complu à rendre on un lalin élégant Buchanan et Grotius, cetle pensée singulière et au moins déplacée, que les hommes qui ont inventé la musique pour le charme des oreilles, dans
les festins et les fêtes, auraient mieux fait de trouver l'ar'
plus utile de guérir, par les doux accords de la voix et dc>
instruments, ces sombres et infernales fureurs, qui pro
duisent les meurtres, les tragiques accidents, la ruine de-
maisons^ J'ai tout à l'heure cité le Macbeth de Shak-