Mme Pasta, dans la Médée de Mayer
2 D'accord en cela avec God. Hermann qui, plus lard, en 1819 [Àdnot. ad Mcd. ah Elsmleio edit.; Opusc, t. III, p. 258), accusant avec Arislote iPoet. xv) la Médée d'un dénoûment à machine, ajoute :
a .... Kstcjue illud lanto magis viluperandum, quod nemini non potrst « in mentem venire, cur Medea. quum talis curnis copiani habeat, ina teificere libères, qunm unasecum currui impositosabducere, malue- « rit. » Mais, quoi qu'elle en dise elie-même, elle ne tue pas ses enfants pour autie chose que i»our se venger de Jason. La critique porte donc à faux. Elle aurait plus de force contre la scène où Médée s'occupe de se ménager un asile à Athènes, chez Egée. Avec son char et sa puis^ sance magiques, elle paraît ne pas avoir grand besoin d'un tel asile.
MÉDÉE
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souffle, les couvre de ses larmes et de ses baisers, je ne
1 sais quel délire, quelle volupté maternello, dont rien n'a
jamais approché; rien, si ce n'est peut-être cette mère
d'Arthur, si naïvement peinte par Shakspeare, qui, au plus forî: de sa douleur, parle si amoureusement des grâces de son joli enfant^.
Shakspeara n'imitait pas, ne connaissait pas les Grecs ; il peignait, dans l'humanité, toute autre chose et d'une
tout autre manière; et cependant, celte liberté de pinceau que permettaient les mœurs de son temps, et qu ont depuis enchaînée les convenances sociales, lui fit souvent
rencontrer de ces traits de nature qui nous ravissent dans l'antique tragédie. Cherchant parmi les productions du théâtre moderne quelque chose que je pusse opposer à ce monologue de Médée, ce n'est pas sans surprise que j'en ai trouvé chez Shakspeare , avec d'autres personnages, d'autres passions, l'exacte ressemblance. Lorsque Othello* pénètre la nuit dans la chambre et près du lit où repose Desderaona , possédé , comme l'héroïne d'Euripide , de
sentiments qui se combattent et se repoussent, il mêle aux fureurs de la jalousie, aux apprêts de la vengeance,
les regrets de l'amour, les transports de la volupté. Il s'arrête à contempler ce sein, Olaiic comme la neige, que par une image sinistre il compare à Y albâtre des tombeaux; il respire celte haleine embaumée, qui, dit-il, persuaderait presque à la justice de briser son glaive; enfin, quel rapport frappant! il couvre aussi de ses derniers baisers cette innocente victime de sa rage insensée, qui, tout à l'heure, va périr étouffée entre ses bras. Seulement à
côté de cette conformité du génie se montre la différence de l'art. L'horrible catastroplie qu'étale complaisammont
aux regards la Melpomène anglaise, leur est épargnée par la muse grecque. Comme le disait le poète que je citais tout à l'heure, contente de faire pressentir le meurtre, elle n'en veut pas souiller sa main.