‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 411 sur 893 · Schol. Med. Euripid., v. 6(i · texte numérisé non relu

Schol. Med. Euripid., v. 6(i

2 Id ibid v. 1384. Il a semblé ù Bœttiger, dans sa dissertaUon, citée plus haut, p. 140, De Medea Euripidea, etc., Opusc. p. 372. que ces différences, par cela même qu'elles bont à l'avantage de Neophron, aulori-ent à voir en lui un imitateur qui a voulu en certains points corriger son modèle. Je ne comprends pas bien comment M. Kayser, ibid , p. 304 sqq., a tiré un& conclusion contraire.

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pales idées de la scène d'Euripide, quelques-unes même

de ses expressions. Mais combien elles ont perdu à être ainsi resserrées! Quels brusques et arbitraires passages d'un sentiment à un autre ! Où est la progression savante, l'abandon passionné, qui rendaient si vraisemblables et si naturelles ces étranges vicissitudes de fureur et de tendresse, ce flux et ce reflux des transports les plus contraires, cette tourmente de l'âme, oii s'abîmait la liberté morale? Il faut à une telle situalionune vaste et libre carrière. Elle est trop à la gêne dans cet étroit manège, où

la force de tourner sur la même trace l'art timide des

ariangeurs.

Nous retrouvons cbez Kéopnron une figure empruntée d'Euripide, et familière d'ailleurs aux tragiques grecs. Médée s'adresse à sa main, et même à son âme, par une sorte d'apostrophe dont la passion peut seule justifier la hardiesse, et dont Voltaire a quelquefois blâmé dans Corneille l'abus déclamatoire. Ici, c'est un mouvement plein de naturel et de vérité, qui, dans le discours de Médée, personnifie cette puissance dont elle se sent

posséd'^e, et qui, malgré elle, tourne ses résolutions vers

le crime.

Avant Euripide, le sujet de la Médée n'avait été traité,

à ce qu'il semble, ni par Eschyle, qui, dans ses Nourrices de Bacclius^ soit tragédie, soit drame satyrique*, avait cependant introduit ou du moins rappelé la magicienne et ses charmes^; ni par Sophocle, bien que le catalogue des pièces de ce poète en présente un certain nombre où étaient mises en scène plusieurs de ses aventures : le secours prêté par elle à Jason pour l'enlèvement de la

toison d or, pour le meurtre d'Absyrte, dans les femmes

de Colcliide^ ; sa fuite avec son ravisseur dans /es Scythes^; probablement la cruelle vengeance qu'elle tira de Pélias

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