Vo^ez notre tome II, p. 382 sqq
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rassemblés dans ces chapitres par le résumé éloquent des scènes pathétiques qu'Apollonius de Rhodes*, Ovide', Valérins Flaccus^ ont mêlées si dramatiquement à leurs
récits.
Que dire? Je vivais innocente, adorée,
Heureuse! Un jour, s'avance en notre âpre contrée
Un jeune homme cherchant sous ce ciel étranger
Ce que cherche un héros, la gloire et le danger.
Il demande mon père.... il entre... 0 misérable! Dieux cruels! mal sacré! Vénus impitoyable ! A son premier regard, avant qu'il eût parlé, Une stupeur muette au cœur me prend ! Troublé, Mon œil flotte au hasard : une âpre inquiétude Me tourmente ... Mon cœur fléchit de lassitude.... Je soufl're!... Mais il parle ! .. et bientôt.... et soudain, Un torrent de bonheur coule à flots dans mon sein I Comme si quelque dieu m'eût jetée en délire.
Je sentais, malgré moi, ma bouche lui sourire,
Et les yeux ardemment attachés à ses traits. J'écoutais ! j'aspirais ! je regardais !... j'aimais !...
Dès lors, je n'eus qu'une pensée,
Son salut! Pour armer sa valeur insensée,
Il fallait dépouiller mon père.... je le fis!
Trahir notre cité, nos dieux.... je les trahis!
Mais que devins-je, hélas ! quand, après sa victoire-
11 me dit tout en pleurs : Viens, je te dois ma gloire,
Viens ! je t'aime ! fuyons !
Va-t'en ! disais-je, va ! Notre amour est fatal !
Viens, me répondait-il, ou bien je meurs! Dans Pombre Je m'élance à travers le palais vaste et sombre ;
Mais avec désespoir il s'attachait à moi,
Me répétant : Je meurs si je repars sans toi !
0 nuit ! terrible nuit! nuit d'adieux et d'alarmes ! Je les parcourais tous, en les baignant de larmes,
1. Argonaut. III. Voyez le beau commentaire qu'a donné de ce troisième livre M. Sainte -Bruve, Revue des Deux-Mondes^ 1845, 3« vol., p. 873 : De la Médéed'Appollonius.