argonaut., V, VI, VII, VIII
MEDKt:.
Ces lieux, ces lieux aimés, où pendant dix-sept ans Mes jours avaient coulé comme un jour de printemps; Je m'attachais aux murs, aux meubles de famille.
Je baisais à genoux mon lit de jeune fille, Sanglottant et criant.... Ah! pourquoi donc, pourquoi Les dieux, héros fatal, t'ont-iis conduit vers moi? Mais, hélas ! quel surcroît d'angoisse et de misère.
Quand j'entrai dans la chambre où reposait ma mère! Que je m'agenouillai, sans bruit, à ce chevet
Où près d'elle souvent mon sommeil s'achevait, Et que tout à côté de sa tète si chère. Déposant mes cheveux en offrande.... 0 ma mère ! Patrie!... amis!... parents! êtres chers et sacrés.
Voyez, voyez mon sort, et vous pardonnerez * !
Je ne puis transcrire ces vers et relire les vers italiens où ils ont été si bien rendus, sans m'émouvoir au souvenir d'une autre traduction qui les a aussitôt reproduits,
comme l'œuvre entière, par l'accent, par le geste, par la
passion, avec une verve et une énergie incomparables. Ce
que l'imagination avait rêvé pour ce rôle antique de nou •
veau promis à la scène, ce qu'elle avait espéré, et bientôt
regretté, une interprète capable d'atteindre à un tel idéal de tendresse sauvage, de fureur jalouse, de désespoir maternel, s'est rencontré, à point nommé, dans un talent nouveau, prêté par la patrie d'Alfieri à la patrie de Corneille, comme pour y perpétuer l'art interrompu de la tragédie.
Me proposant surtout d'expliquer l'esprit et les beautés
de la Médée d'Euripide, de la comparer avec les tragédies
composées depuis sur le même sujet, j'ai dû, dans co