‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 431 sur 893 · Var. hist. V · texte numérisé non relu

Var. hist. V

c. Cor., III.

MEDEE

se nommaient Mermerus et Phares*, et furent, suivant la tradition, tués à coups de pierres par les Corinthiens, à cause des présents qu'ils avaient apportés à Glaucé. Gomme cette mort violente était une punition qu'ils n'avaient point méritée , ils s'en vengèrent en faisant périr les enfants nouveau-nés des Corinthiens, ce qui continua jusqu'à ce qu'on eût institué en leur honneur des sacrifices annuels, et érigé une statue à la Terreur, ainsi que roracle l'avait ordonné. La statue existe encore; elle représente une femme d'un aspect effrayant. Mais les anciens Corinthiens ayant tous péri, lorsque leur ville fut prise par les Romains , les nouveaux habitants n'offrent plus ces sacrifices , et leurs enfants ont renoncé à l'usage de couper leurs cheveux et de porter des vêtements

noirs ^. »

La même tradition se trouve chez Apollodore^ mais

elle n'y est pas seule. Par un éclectisme commode , il la

concilie avec celle qui a prévalu , donnant à Médée des

enfants que font périr les Corinthiens, et d'autres qu'elle

immole.

Quoi qu'il en soit , sur cette partie de son récit qui lui est commune avec Pausanias, se fonde ce que rapportent Élien et les auteurs cités par le scoliaste d'Euripide : le premier, que les Corinthiens prièrent le poète de faire périr, dans sa tragédie, les enfants de Médée, de la main de

leur mère; les autres , qu'ils l'y engagèrent par un pré-

sent de cinq talents.

i Une telle demande, un tel consentement, ont paru à de

judicieux critiques* assez peu vraisemblables. Ceux qui,

1 Cf. Apollodore, BihL, I, ix, 28. Hygin, Fab. xxv, les nomme Marceruset Fretus, Diodore de Sicile, IV, 54, Alcimène et Tisandre; ei Thessalus un troisième, frère jumeau du premier, qui échappa à sa mère, et «lonna son nom à la lliessalie, dont il devint roi.

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