Méiam. VII. 398 sqq
MEDEE
suspect le jeune inconnu, et à lui persuader de Tempoisonner dans un repas auquel il lavait invité. Thésée était porteur d'une épée, remise autrefois par Egée à Eihra, et qui devait servir à son fils de signe de reconnaissance; en relevant son manteau pour s armer d'un coutelas propre à couper les viandes, il laissa voir l'épée comme par hasard. Egée, l'ayant aussitôt reconnue, renversa la
coupe où était le poison et embrassa son fils, qu'il présenta au peuple comme son successeur. Pour Médée, elle
fut chassée d'Athènes avec son fils Médus.
Dans ce récit on reconnaît quelque chose de la fable savante développée par Quinault quelque temps après sa
réception à l'Académie des inscriptions et belles-lettres,
en 1675, dans un de ses plus anciens opéras, mêlé de
beaucoup de banales merveilles, d'élégantes fadeurs et de
quelques traits ingénieux, touchants, énergiques*, son Thésée. On y aperçoit aussi la tragédie perdue d'Euripide*,
et on y peut rapporter quelques uns des fragments qui
en restent.
Le septième, par exemple, ne s'applique-t-il pas fort
hien aux sentiments de Médée pour Thésée?
« Une seconde femme est naturellement ennemie des enfants nés auparavant de son époux*. »
1. Voltaire en a cité plusieurs dans son commentaire sur la 3lédée de Corneille. Rappelons seulement celui-ci, qu'on peut rapprocher du
beau trait d'Ovide cité plus haut, page 140 :
Le destin de Medce est d'être criminelle, Mais son cœur éfaii fait pour aimer la vertu.