sch Deniosth., de Faha U'ial. Cf. Diod Sic XVI
DE LA TRAGEDIE GRECQUE
jour, le peuple élail déjà rassemblé au théâtre où Néoptolème allait représenter devant le roi une tragédie dont le sujet seul indique, pour le dire en passant, quels progrès avait faits, depuis la passion incestueuse et adultère de Phèdre, tant reprochée à Euripide, la licence dramatique ; cette tragédie portait le nom de CinyraSy le père
de MyrrhaM Elle devait, bien des annéts après, les anciens eux-mêmes ont fait ce rapprochement, servir de programme à la pantomime jouée par le célèbre acteur Mnesler, devant Caligula, le jour oii cet empereur trouva la mort au théâtre^, comme avant lui Philippe. Tout le
monie était dans l'attente; une pompe religieuse s'avance et découvre successivement aux regards les images travaillées par les plus habiles artistes, et magniiiqueraent parées, des douz^ grands dieux, puis une treizième, celle (lu roi lui-même, bientôt placée comme les autres sur un trône, au sein du céleste conseil. Entin se montre Tobjet de celle apothéose, Philippe, vêtu de blanc; et tandis que, loin de ses gardes dont il ne s'est pas fait suivre, voulant paraître gardé par le seul amour des Grecs, il prête avidement Toreille aux acclaraatioQS qui éclatent de toutes
paris autour de ce mortel heureux, il tombe frappé d'un
coup subit sous le poignard de Pausanias^ On demandait
à Néoptolème laquelle il admirait le plus des tragédies d'Esihyle, de Sophocle et d'Euripide : « Je n'en admire plus aucune, » répondit-il. Il avait vu, sur une scène plus haute que la leur, la tragédie de la mort de Philippe*. La Macédoine, dont le théâtre, drames, poètes, acteurs, était tout athénien^, n'en a pas, que je sache, produit d'autre; elle n'augmentera pas d'un seul nom notre liste d'auteurs tragiques étrangers à Athènes. La
Thrace du moins lui en fournira un, sauvé, il est vrai,
par le ridicule, celui d'Acestor, qui prétendait fort aux grâces de l'atiicisme, et à qui les comiques *, et particu-