‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 441 sur 893 · V. 1428. Voyez plus haut, p. G · texte numérisé non relu

V. 1428. Voyez plus haut, p. G

3. En Krec Oàvato:, mol que Macrobe {Salurn. V, 19) trailuil par Orcus. Ajax, chez Sophocle, Aj. v. 853 sq., l'invoque à ses derniers moments. Or le trouviî représenté sur un graiid nombre de monuments antiques reprodui*? et décrits dans les recueils: voyez, entre autres, le t. ÎV des Religions de l'antiquité de \'. Guigniaut, planches et eiplications, imuicros indiqués dans la table au mot Thanatos.

Il semble que la trailit'on de ce personnage et mê:ne du rôle qu'il

joue au début de VÂlcesle^ se so:t pcrpôtuôe en Grèce, jusqu'à oos

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il est armê,rextrémité de ses cheveux. Cette circonstance, non plus, ne paraîtra pas nouvelle à ceux qui se souviennent

jours. Voici ce que raconte, d'après un témoin de la scène, Fauriei, p. cxxxvii du Discours préliminaire de ses Chants populaires de la

Grèce moderne j 1824 :

m .... Une femme de Metsovon, sur le Pinde, avait perdu son mari qui la laissait avec deux enfants en bas âge. C'était une pauvre paysanne, d'un caractère très-simple, et qui ne s'était jamais fait remarquer par son esprit. Menant ses deux enfants parla main, elle

arriva en présence du corps de son mari, et commença son myriologue par le récit d'un rêve qu'elle i.vait fait quelques jours auparavant, réc.t qu'elle adressait au défunt. « Je vis, lui dit-elle, l'autre jour, à la « porte de notre maison, un jeune homme de haute taille, d'un air « menaçant, ayant à ses épaules des ailes blanches déployées : il était .. debout sur le seuil de la porte, une épée nue à la main. Femme, me .. demanda-t-il, ton mari est-il à la maison? Il y est, lui répondis-je; « il est là qui peigne notre petit Nikolos, le caressant pour l'empêcher . de pleurer. Mais n'entre pas, terrible jeune homme, n'entre pas; tu . ferais peur à notre enfant. Et le jeune homme aux ailes blanches « persistait à vouloir entrer. Je voulus le ^epous^er dehors; mais je ne « fus pas assez forte. 11 s'élança dans la mais >n; il s'élança ^ur toi, ô . mon bien-aimé, et te frappa de son épee; il te frappa malheureui:

. et voici, voici ton fils, t .n petit Nikolos, qu'il voulait tuer aussi.... •

Après ce début, dont l'accent, autant que les paroles, avait fait frissonner les assistants, qui regardaient, les uns vers la porte, comme

pour voir si le jeune homme aux ailes blanches y était encore, et les

autres, le petit enfant collé aux genoux de sa mère, elle se jeta eu sanglotant sur le corps de son mari.... » • ,, ,

Dans un épisode célèbre du Mâha-Bhârata, Sâvitn, 1 Alceste indienne, arrache par l'héroïsme de ses sacrifices, par ses coii rageuses et habiles obse^sioi s, des mains du dieu des morts, Yama, 1 â:ne de son époux Satyavân. M. A. Dilandy a comparé ingénieusement ces deux inodèles, si semblables à la fois, et si divers, de l'amour conjugal., dans son Parallèle, déjà cité plus haut, p. 32, d'un épisode de l ancienne poésie indienne avec des poèmes de l'antiquité classique, 1856. Empruntons à la pa-e 32 de celte dissertaii m la traduction du pas-

sa;;o, OÙ, près de Sàvi^lri, tenant entre ses bras le corps déjà inanimé

do Satyavân, apparaît tout à coup le dieu des morts.

« .... En ce moment elle aperçut un homme vêtu de rouge, les che

veux nattés (et roulés en forme de tiare), homme par le corps, soleil

parla splendeur, au teint d'un iaune sombre et aux yeux rouges, te nantune corde à la main, (el) in>^pirant la terreur. Il était debout aux

côtés de Satyavân et le regardait. A la vue de cet homme, elle se leva soudain, et déposa doucement (sur le sol) la t;ti de son rnari. (Puis) les mains jointes, le cœur serré et toute palpitante, elle dit : «« Tu es « un« divinité; je le reconnais, car cette forme n'est point celle d uu a mortel. Daigne me due, ô dieu, qui lu es et ce que tu désires . «aire? » — a Tu es dévouée à ton mari, SâvitrI, tu es aussi adonnée « à la pénitence; voilà pourquoi je te réponds. Sache, ô belle ! que je - sui-. Yama. Ton mari que voici , Satyavân, à la vie éteinte, fils de roi, « c'est lui que j'emmène ai, moi, aurès l'avoir lié... »

que, dans l'Enéide*, Iris remplit auprès de Didon mourante le même ministère.

Un débat s'engage entre les deux divinités. Le Génie de la mort reproche à Apollon de lui avoir dérobé la vie d'Admètc par l'échange auquel se sont prêtées les Parques. Il craint que ce dieu ne veuille aussi le frustrer de la nouvelle proie qui lui est promise. Apollon cherche en vain à lui persuader, ou de détourner ses coups sur les

vieux parents d'Adraète, ou de permettre à Alceste de

vieillir. Le ministre des enfers demeure inflexible : la

jeunesse de la victime ajoutera, dit-il, à sa gloire. Apollon le quitte indigné et lui annonce, sans en être cru,

qu'Alceste trouvera bientôt un libérateur. Bien qu'il ne le nomme pas, il le désigne assez clairement pour qu'on puisse reconnaître Hercule. Ainsi est en partie soulevé par le poëte le voile qui cache le d-noûment. Ici, comme partout dans le théâtre grec, la curiosité, distraite de l'événement lui-même, se porte sur la manière dont il doit

s'accomplir, sur les situations qui en doivent naîlre.

La scène, restée vide, est bientôt occupée par une

troupe de vieillards de la ville de Phères, en Thessalie,

dans laquelle se passe l'action. Ils viennent, pleins d'in-

quiétude, s'informer du sort de leur reine, dont ils admirent et déplorent le dévouement. La solitude et le silence du palais, oij ils ne voient ni n'entendent ce qui d'ordinaire accompagne les funérailles, leur persuadent qu'elle vit encore.Ils adressentpour elle aux dieux, et surtout à Apollon, sauveur d'Admète, les vœux les plus ardents. Les discours

d'une foule émue par l'attente d'une grande calamité, ses

alternatives d'espérance et de désespoir, ses doutes, ses

conjectures, son impatiente et douloureuse curiosité, tout cela est rendu avec infiniment d'art dans des stroplxes distribuées, selon le scoliaste, entre deux demi-chœurs ; selon d'autres 2, entre les personnages mêmes dont ils se com-

1. IV, 698 sqq. Cf. Horat., Carm., I, xxviii, 19 etc. Voyez le passage precedecnmftni cite de Macrohe. j i -

2. Bœckh. Grœc. trag. princip,, c. vn : « Ita ut ab alieriusHemi-

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posent, et qui à la marche véhémente de l'ode unissent les

mouvements confus du dialogue.

Une esclave sort du palais, tout en larmes : on l'interroge avec empressement ; elle raconte les tristes apprêts

de la mort d'Alceste. Ce récit offre de nombreuses ressemblances avec ceux où Sophocle a raconté la mort de Déjanire* et de Jocaste ^, et peut-être est-ce de tous trois que s'est inspiré Virgile, lorsqu'il a retracé les derniers moments de Didon ^ C'est, du reste, un véritable chefd'œuvre de naturel et de pathétique ; on ne peut le louer

qu'en le citant.

a Dès qu'Alceste a senti l'approche du moment fatal, elle a baigné son beau corps dans l'eau pure du fleuve, et, tirant de ses coffres de cèdre ses riches vêtements, elle s'en est parée. Puis se tenant devant son foyer, en présence de Vesta* : « 0 « déesse, a-t-elle dit, ô ma souveraine, prête à descendre vers

• les sonibres demeures, je me prosterne pour la dernière « fols à tes pieds. Tiens lieu de mère à mes enfants. Donne à « Tim une épouse qu'il aime, à l'autre un époux digne d'elle.

'( Qu'ils ne meurent point, comme leur mère, d'une mort pré-

a maturée, mais que, plus heureux, au sein de leur terre na-

• taie, ils remplissent toute la mesure de leurs jours. » Ensuite elle s'est approchée de chacun des autels qui sont dans le palais d'Admèle, et, en priant, elle les couronnait de verdure,

elle les parfumait de feuilles de myrte, sans pleurer, sans gémir, sans que la pensée de son malheur altérât en rien le doux éclat de son visage. Mais lorsque, entrée dans sa chambre, elle s'est jetée sur son lit, alors elle a versé des larmes, et s'est écriée : « 0 toi, où fut dénouée ma ceinture virginale par « l'homme pour qui je meurs, couche nuptiale, adieu! je ne « puis te haïr, quoique tu m'aies perdue. C'est pour ne point <r te trahir, pour ne point trahir mon époux, que je meurs. « Peut être une autre femme te possédera-t-elle, non pas plus « chaste, mais plus heureuse. » Et elle la tenait embrassée,

et elle l'arrosait des tcrrenls qui coulaient de ses yeux Enfin,

lorsqu'elle s'est rassasiée de larmes, elle quitte la chambre et

bientôt y rentre, elle en sort et y revient sans cesse, et se pré-

a chori per-ona ad alterius personam vicissim oratio transeat obliqua '« via, veluti lyra in Gra^corum conviviis. »

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