Voyez Cicéron, de iSat. Deor
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cipite cent fois sur sa couche. Cependant ses enfants s attachaient à ses habits, et pleuraient; elle les prenait dans ses bras, les baisait tour à lour, comme devant bientôt mourir. Tous les esclaves erraient çà et là dans le palais, gémissant sur la destinée de leur maîtresse; elle leur tendait la main à tous, tt il n'en est pas de si misérable à qui elle n'ait parlé, dont elle n'ait reçu les adieux*. »
Cette dernière circonstance doit être remarquée, après tant d'autres , également simples et touchantes , comme un trait de caractère. C'est avec une complaisance bien
naturelle que l'esclave chargée de ce récit s'arrête sur la
bonté familière qu'a montrée Alcestc , en prenant congé de ses serviteurs. Le poëte , à l'exemple de l'héroïne, ne
néglige aucun des personnages du drame : les plus subalternes, nous aurons d'autres occasions de nous en convaincre, attirent son attention, et reçoivent de son art curieux une forme, une expression qui les distinguent.
J'ai loué, dans les deux ouvrages d'Euripide dont /ai
précédemment parlé, l'habile gradation par laquelle il
prépare l'entrée de sa Phèdre et de sa Médée. Je retrouve
ici, avec d'autres détails et un autre etlet, une disposition toute semblable. Nous avons été d'abord intéressés au sort d'Alceste par le débat qu'il suscite entre deux divinités, par l'inquiétude où il jette tout un peuple. Ensuite, nous nous sommes émus au récit des scènes de deuil dont la fin prochaine de cette princesse malheureuse a rempli sa maison. Assez longtemps elle a occupé notre imagination, elle va désormais se montrer elle-même à nos yeux, et sa seule vue , attendue et désirée , portera au comble
l'attendrissement.
Qui l'amènera sur la scène, elle qu'on nous a représentée déjà mourante, sans force, sans haleine, tout près d'expirer'? le désir de voir une fois encore la lumière du jour, cette lumière vers laquelle tous les héros de la