‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 458 sur 893 · Mémoires, IV* Époque, ch. xxvi · texte numérisé non relu

Mémoires, IV* Époque, ch. xxvi

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traduire, comme il avait traduit auparavant lôs Perses d'Eschyle, le Philoctète de Sophocle, mais encore, au mépris de ses serments, serments de poète à la vérité, de composer à sa manière une Seconde Aiceste. C'est le titre qu'il donna à sa pièce, supposant qu'il l'avait traduite d'Euripide lui-même, d'après une seconde édition, bien différente de la première, édition restée inconnue à tout

le monde, excepté au traducteur, et dont lui-même, sa

traduction faite, avait égaré le manuscrit. Ce petit roman

litt''raire, usé et inutile, pouvait, il est vrai, nous l'avona

vu', s'autoriser de l'usage où étaient les tragiques athéniens, et Euripide en particulier, de reproduire, avec leschangements indiqués par la critique, leurs compositions; toutefois il n'était guère justifié par l'ouvrage même, qui tient sans doute un rang honomhle dans les œuvres posthumes du tragique italien, mais dont les beautés ne sont

rien moins qu'antiques, rien moins que grecques.

Alfieri ne pouvait comprendre que le vieux père d'Ad-

mète ne donnât pas, pour le salut de son fils, le reste de

ses jours. Il l'a fait seulement prévenir par Aiceste, empressée de savoir la première l'oracle rendu, de l'accomplir avant tous. Il ne comprenait pas davantage qu'Admète se prêtât au sacrifice d'Alcesle , oij , s'il le savait trop tard pour l'empêcher, qu'il se résignât à en profiter. Il l'a peint qui, malgré les prières, les exhortations de sa femme et de ses amis, s'obstine, avec désespoir, à le rendre inutile. Par cette combinaison qui renouvelait le

sujet, il a donné à son Aiceste, à son Admète, des proportions plus grandes, mais aussi moins humaines, moins

favorables à l'émotion. Si l'Alceste antique se dévoue , c'est à défaut de ceux que les relations étroites du sang, qu'un âge déjà voisin du tombeau semblaient appeler avant elle, à un semblable dévouement. L'Admète antique consent à vivre par Aiceste et sans elle ; il ne rejette pas une vie si chèrement payée, tout incomplète, touto

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