T. î, p. 68 sqq.; III, 8 sqq.; 70 sqq.; 184 sqq
flétrie qu'elle doive être désormais. L'un et l'autre sont plus dans la mesure ordinaire, plus près de nous. Je ne pense pas que les Grecs l'aient trouvé mauvais ; qu'Euripide, comme le veut Alfieri, s'en soit fait un reproche : c'eût été se reprocher sa vérité et son pathétique.
Le pathétique était moins le mérite d'Alfieri que l'élévation et la force. Il rae paraît manquer à son Alceste,
bien qu'écrite, a-t-il dit*, dans le délire et dans les larmes. Gela tient non-seulement à cette hauteur de sentiments qui n'appelle guère ]a pitié, mais encore à la forme sous laquelle se produisent surtout ces sentiments, celle
d'une controverse, sans issue possible, et dont la continuité gratuite a quelque chose de pénible. Rien, on l'a dit, ne sèche plus vile que les larmes. Ce qui surtout en
tarit la source au théâtre, c'est la durée trop prolongée d'une situation, même de la plus douloureuse Celle dans laquelle Alfieri a placé ses personnages, intéresse d'abord
et finit par lasser. Admète est revenu à la vie, à la santé, mais non pas à la joie; le souvenir d'une vision menaçante le trouble, et lorsqu'il revoit Alceste, longtemps demandée et attendue, sa pâleur, sa faiblesse, les éclats
involontaires de douleur qu'elle mêle à ses félicitations, lui font pressentir le fatal secret qu'elle doit lui révéler. Gomment lui fera- t-elle connaître et accepter son sacrifice? Gest pour le spectateur l'objet d'une vive attente*. Mais une fois la lutte engagée, quand se prolongent sans fin les efforts d'Alceste, continués par d'autres personnages, pour
vaincre le désespoir obstiné d'Admète *, la répétition surabondante, bien que graduée , des mêmes raisons d'une
part, des mêmes transports de l'autre, devient une fatigue, un tourment.
Les pièces d'Alfieri ont de l'unité, mais avec une progression lente, un développement uniforme, de la langueur, de la monotonie. Ce qui contribue au défaut de mouvement et de variété qu'on peut remarquer dans son Alceste, c'est la place qu'il y a donnée à un rôle nuUe-