‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 462 sur 893 · acte, les traits les plus touchants · texte numérisé non relu

acte, les traits les plus touchants

0 couche nuptiale! ô couche sainte et pure!

Où vierge j'ai laissé dénouer ma ceinture.

C'est par toi que je meurs, mourant pour mon époux :

Cependant contre toi je n'ai pomt de courroux.

1. Acte V, se. I. — 2. Ibid. — 3. Ibid. A. Voyez notre t. H, p. 262, 2/2, 293.

5. Alceste, tragédie en trois actes, représentée sur le second IhéAtre français, le 16 mars 1847.

ALCESTE

Une autre épouse, ô ciel! doit-elle te connaître, Non plus chaste que moi, plus heureuse peut-être *?

mais il y a fait d'ailleurs des changements, qui n'ont pas paru tous des améliorations. Admète déjà compromis,

dans la pièce grecque, par le consentement qu'il donne au

sacrifice de sa femme, par le reproche qu'il adresse à son

père, pour ne s'être pas lui-même sacrifié, n'avait rien à

gagner à ce qu'on le montrât, pendant tout un acte, occupé du soin de se trouver, dans une telle conjoncture, un remplaçant. Alceste elle-même ne pouvait que perdre à ce

qu'on la vît prendre part à cette recherche. Lorsque, l'oracle rendu, leurs courtisans, leurs serviteurs, leurs parents, s'esquivant, les uns après les autres, sous divers prétextes, les laissaient à leur embarrassante situation, cela rappelait trop la conclusion du Dissipateur de Destouches, et

rapprochait la tragédie, plus que ne l'avait fait Euripide,

de la comédie.

Était-ce en outre un bien sûr moyen de sauver la bizarrerie du dénoûment que de le mettre hardiment en action?

Quodcumque ostendis mihi sic, incredulus odi *.

Euripide, plus réservé, n'avait donné place au Génie de la mort que dans un prologue ; il ne l'avait pas ramené

dans la pièce elle-même ; la lutte de cette puissance infernale contre Hercule n'avait pas même été, pour le

poëte, selon les habitudes de son théâtre, le sujet d'un récit; il avait passé rapidement sur une si étrange merveille, se hâtant de l'envelopper, par la discrétion d'Hercule et le silence d'Alceste, comme d'un voile mystérieux; s^appliquant à en distraire la pensée, à la retenir dans le monde des réalités, par l'expression des affections domestiques, par les émotions confuses de la douleur et de la

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