‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 465 sur 893 · Voyez t. I, p. 342 sqq.; II, 309 sqq.; 383 sq · texte numérisé non relu

Voyez t. I, p. 342 sqq.; II, 309 sqq.; 383 sq

avec une malice ingénieuse, qu'Hélène, en coupant, par

un semblant de devoir, seulement rextrémité de ses che-

veux, a pris soin de ménager sa beauté* ? Ces représentations d'une coquetterie raffinée, d'un commerce sans franchise et sans indulgence, si spirituelles et même si \ raies qu'elles puissent être, ne détournent-elles pas le spectateur des émotions véritables du drame, de celles qu'il avait déjà fait naître et qu'il promettait ?

C'est un des défauts les plus ordinaires d'Euripide, que

de mêler ainsi dans ses œuvres, non pas des peintures

qui contrastent etressortentpar l'opposition, ce qui est un

des triomphes de l'art, mais des effets contradictoires que

détruit leur rencontre. Enclin à la censure de nos travers, et s'attachant de préférence à surprendre et à divulguer ceux des femmes, il s*est i^arement refusé ce plaisir indiscret, et dans ses compositions les plus patliétiques, les plus tragiques, a presque toujours ménagé une place au portrait épigrammatique du sexe.

On retrouve quelque chose de cette intention maligne

dans la scène suivante, mais sans qu'on doive s'en trop

formaliser, car elle ne porte que sur cette vivacité d'émotions, sur ce penchant à les produire au dehors par le

discours, que de temps immémorial les hommes sont en possession de reprocher aux femmes. Cette satire innocente est d'ailleurs fort légèrement indiquée, avec une délicatesse exquise qui n'ôte rien au charme attendrissant de la situation.

De jeunes Argiennes dont se compose le chœur, des compagnes, des amies d'Electre viennent auprès d'elle

pour la consoler et s'informer de son frère. Electre répond à leurs questions empressées, à leurs tendres discours, et, dans sa sollicitude inquiète pour celui qu'elle veille, elle interrompt à chaque instant l'entretien par la recommandation, presque aussitôt oubliée, de ne point

trop élever la voix, de ne point faire de bruit en marchant, de ne point troubler le sommeil si rare et si coui t

Page 1