‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 467 sur 893 · De Superslitionej m · texte numérisé non relu

De Superslitionej m

ORESTE. 253

dans l'analyse dune autre pièce d'Euripide*, où paraît ce même Oreste, il le fait arriver d'un voyage avec ses malles*.

Pourquoi cependant une telle peinture, par cela seul qu'elle est naïve et familière, serait-elle déplacée sur une scène où l'on a traduit avec tant de charme le tableau à peu près semblable de la défaillance et du trouble de Phèdre ?^ Pourquoi n'y souffririons-nous pas ce qui nous paraît si touchant, si gracieux dans des vers d'André

Ghénler, tout remplis du souvenir et de l'inspiration des Grecs ' ? ^

Jus [u'ici le poëte s'était borné à l'expression de la nature la plus générale : ce n'étaient ni Oreste, ni Electre, mais un jeune homme malade, une sœur dévouée. Des traits plus particuliers, plus individuels, nous montrent maintenant les enfants d'Agamemnon. On ne peut trop louer la transition habile qui amène la peinture de l'éga-. rement et de la frénésie d'Oreste. Electre profite de ces

courts instants de relâche où ses sens se calment, où sa

raison s'éclaircit, pour lui apprendre la nouvelle heureuse du retour de Ménélas ; mais elle lui parle aussi du retour d'Hélène, et ce nom le rappelle aussitôt au souvenir de Glytemnestre, aux horribles images de son parricide, à ses effrayantes visions, à ses furieux transports.

Le tableau est court, mais plein de mouvement et de vie, et ici, comme dans tout le reste de la scène, par un artifice dont l'usage est continuel chez les tragiques grecs les paroles peignent aux yeux l'expressive pantomime qui devait les animer. Elles ne peignent pas avec moins de

vivacité ce qui ne peut se retracer qu'à l'imagination. Longin* en a cité et commenté quelque chose:

\ a Mère cruelle, arrête, éloigne de mes yeux

Ces fdles de l'en fer, ces spectres odieux.

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