Brunck les efface dans le premier endroit, au v
ORESTE
interpolation. Peut-être y pourrait-on voir une imitation, assez dans le goût d'Euripide, et dans l'esprit de ce morceau, des redites ordinaires à la colère et naturelles à la vieillesse.
Partagé entre la pitié que lui a inspirée le sort d'Oreste, et la crainte d'offenser Tyndare, peut-être aussi, comme
on le fait entendre plus loin, séduit par l'odieuse pensée
d'hériter du trône d'Argos, Ménélas éprouve une hésitation que trahissent, selon l'observation du poëte,
toujours occupé de marquer la pantomime des acteurs, son air rêveur et le trouble de sa démarche. Oreste le supplie de nouveau, au nom des bienfaits qu'il reçut de son père, de prendre sa défense. Ses paroles ne sont pas exemptes de c*t artifice oratoire dont nous nous plaignions tout à l'heare, et peut-être, comme l'a remarqué un scoliaste, le poëte a-t-il voulu excuser la forme de harangue qu'il leur a donnée, par ce singulier exorde :
« Je vais parler, puisque tu l'approuves. Un discours de quelque étendue vaut mieux qu'un langage trop bref,
et porte à l'esprit plus de clarté *. »
Le même critique ancien croit voir encore dans ce début une allusion indirecte au laconisme affecté du roi de Sparte. Mais c'est supposer à Euripide une intention bien subtile, et surtout bien peu d'accord avec la situation. Gomment Oreste se hasarderait-il à blesser, par un trail épigrammatique, celui qu'il veut émouvoir et de qui dépend son sort?
Il termine par des mouvements d'une éloquence bien
naturelle et bien touchante. Après avoir conjuré Ménélas au nom d'une coupable épouse, il s'interrompt, pour se plaindre à part de l'abaissement où le réduit le soin de sauver les restes de sa race. Puis, revenant à la prière ; « 0 frère de mon père, dit-il. ô mon oncle, tu peux le croire ; celui que la terre a reçu, celui qui n'est plus nous