Prévost
4. Schol., v. 894. Cf Aristoph., Thesnwph., 806 ; Uan., 692 1527 1555. Platon le comique donna le nom de ce Cléophon à un'de ses ouvrages représenté en même Icmpsque les Gr^noujî/es d'Aristophane la troisième année de la cxiii" olympiade, deux ans après VOrestp*. Voyez Me in eke, Fragm. com. grœc.^ t. I, p. 171 sqq.
Elle en parcourt toutes les calamités successives, et, selon la doctrine consacrée du théâtre grec, les rapporte à
l'implacable haine du destin.
Oreste revient soutenu par Pylade. Son corps est défaillant, mais son âme demeure ferme. C'est ici le lieu de remarquer que, par une gradation habile, le poëte nous l'a montré qui s'élevait graduellement, des langueurs ou des transports de la maladie, au courage, à la résignation. Sa constance ressort ici par le contraste d'Electre, qu'il conjure en vain de se contenir, et aux
larmes de laquelle il finit par se laisser vaincre. Les
apprêts de leur mort, leurs adieux, sont pleins de ce pathétique où triomphe la poésie d'Euripide. Il faut les entendre eux-mêmes :
ORESTE
Je t'en conjure, au nom des dieux, ne me communique point ta faiblesse, ne m'attendris point par le tableau de notre infortune.
Nous mourrons tout à rheure: comment ne pas gémir? Tous
les hommes pleuront la vie.
ORESTE
C'est maintenant notre dernier jour, c'est maintenant qu'il nous faut suspendre le nœud fatal, ou aiguiser le glaive.
ELECTRE
Tue-moi donc, ô mon frère, tue-moi; qu'aucun Argien ne puisse attenter à la race d'Agamemnon.
ORESTE
C'est assez du sang de ma mère; je ne le tuerai point: meurs
de ta propre main, et choisis toi-même ton supplice.
ELECTRE
Je le ferai: tune vaincras point ta sœur en courage. Mais
qu'il lui soit permis de te presser dans ses bras.
ORESTE
Jouis de ce vaîn plaisir, si c'est pour des mourants un plaisir que ces embrassements.
ORESTE
O mon ami! toi, à qui fut si doux, si précieux le nom d*une sœur, toi qui n'eus qu'une àme avec elle!
ORESTE
Mon cœur se fond à tes paroles. Je veux te rendre ces caresses. Et pourquoi en rougirais-je, infortuné! Osein d'une sœur! doux embrassements! dernier entretien de deux malheureux! teneznous lieu de famille et d'hymtnéc!
ELECTRE
Oh! si un même fer nous immolait! si un seul monument
recevait nos cercueils!
ORESTE
Plût aux dieux! mais, tu le vois, nous n'avons point d'amis
pour nous réunir au tombeau'.
Ce dernier service, il le demande à Pylade; mais celuici, qui fut le complice d'Oreste, à qui Electre dut être unie, veut partager leur sort, et s'y obstine malgré leurs instances.
Ici s'arrêtent les mérites d'une tragédie commencée
avec génie, mais bien médiocrement terminée. Ces personnages, dont la situation nous a paru jusqu'à ce moment si attendrissante, qui nous élevaient le cœur par le spectacle de leurs pures affections, de leur héroïque dévouement, perdent tout à coup leurs droits à notre intérêt, lorsque nous les voyons concevoir, exécuter des projets d'une froide atrocité. A cette action simple, mais attachante, succèdent une intrigue commune et un de ces dénoûments à machine par lesquels Euripide, dans sa négligence, a gâté tant de beaux ouvrages.
Pylade ^ propose à ses amis de punir, sur Hélène, îa trahison de son époux, proposition révoltante', adoptée