Prévost et autres, mais non Métastase, qui, dms le
Vin, p. 204
Boissonade
tase, qui, dms le chapitre de
que lorsqu'il Tannonce comme prochain, il est déjà
commis. Mais, quoi qu'on doive admettre de ces hypothèses officieuses , il n'en reste pas moins vrai que le poëte s'est donné pour la durée de son action de grandes libertés, et de cet exemple, comme de beaucoup d'autres,
on peut conclure que la règle de l'unité de temps, établie
par les Grecs, et dont la présence continuelle du chœur
leur faisait une loi, n'exerçait pas cependant sur leur
théâtre une autorité aussi despotique que sur le nôtre.
On apporte à Pelée le corps de Néoptolème, et tandis qu'à cette vue il fait éclater ses regrets, Thétis, à qui il fut autrefois uni, lui apparaît. Elle l'engage à modérer l'excès de sa douleur; elle-même n'a-t-elle pas été réduite à pleurer un fils ? Elle lui ordonne d'ensevelir celui qu'il regrette au pied de l'autel pythien, dans le temple do Delphes, pour que ce tombeau y soit un monument élernel
de la violence de ses habitants. Andromaque épousera
Hélénus et se retirera chez les Molosses, où doit régner
son fils Molossus et sa postérité. Quant à Pelée, il recevra de la déesse qui l'honora de son alliance le don de l'immortalité; il en jouira, près d'Achille, dans l'île de Leucé, demeure des héros, des bienheureux.
Cette intervention commode d'une divinité, qui vient, au signal du poëte, concilier par ces paisibles arrangements les divers intérêts du drame, pourvoir à la vengeance de Néoptolème, à l'établissement de sa race, et
comme à la retraite de son aïeul, nous paraît, avec raison,
un dénoùment assez froid. Il avait alors une sorte d'intérêt local, qui le ranimait un peu. Il rappelait aux Grecs les traditions fabuleuses de leur histoire, expliquait l'origine obscure de leurs monuments, consacrait l'antiquité d'une famille royale qui depuis longtemps régnait dans la Grèce, et de laquelle devait dans la suite se vanter do sortir Pyrrhus, l'ennemi des Romains *.
ses malignes Observations consacré à V Andromaque^ traite d'impar^ donnable Vinvraisemb.'ancc q l'on peut ici reprocher à Euripide.
l. riutarch., Vit. Pyrrh., 1.
ANDROMAQUE
Il paraît, en outre, qu'Euripide n'avait pas négligé, selon sa coutume, de donner à celte pièce le mérite des allusions contemporaines , mérite quelquefois utile au succès d'un drame, mais seulement auprès des contemporains. Ainsi l'on y trouve de très-nombreuses* et très-
violentes tirades contre Sparte'', qui prouvent avec évidence que la pièce fut composée à une époque de rupture
et d'inimitié entre les deux républiques, soit la huitième,
soit la treizième, soit la vingtième année de la guerre du
Péloponnèse'. On y trouve aussi des passages* qui semblent être la satire d'une forme d'administration introduite, vers cette même époque, par suite des malheurs de la guerre, dans le gouvernement d'Athènes*. Ge n'est pas tout : la censure perpétuelle ^ d'un double hyménée, la vive peinture du trouble qui peut en résulter
pour les familles, se rapportaient soit à la loi de Périclès,
qui avait consacré l'état et les droits des enfants illégitimes"^, soit à une autre loi dont on ignore l'auteur, dont
l'existence même paraît douteuse, et qui, pour réparer
les pertes de la guerre et de la peste, avait, prétend-on, autorisé la bigamie*. Dans ce dernier système, Euripide, qui, comme Socrate, aurait, dans un âge assez avancé, profité follement de l'indulgence de la législation, aurait aussi, pour expier son imprudence et pour la réparer, travaillé à l'abolilion de la fatale loi, par cette sorte de
remontrance que permettait la liberté du théâtre, et qui
était comme le droit de pétition d'Athènes.
Mais, je le répète, pour nous, ces intentions détournées sont absolument perdues, et je me persuade qu'auprès des Athéniens eux-mêmes, à qui elles n'échappaient