‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 486 sur 893 · Hardion, ibid · texte numérisé non relu

Hardion, ibid

8 L. Racice, Mcmoires de l'Acad. des Mlcs-letlrcs t. X, p. 31 1 sqq.

pas et qui y trouvaient du plaisir, elles nuisaient , par leur multiplicité, au véritable intérêt de l'ouvrage. Ge n'est jamais impunément qu'on transforme une pièce do théâtre en un pamphlet politique.

N'est-il pas remarquable que cet esprit d'allusion ait dénaturé certains caractères; que la rudesse des rôles de

Ménélas et d'Hermiooe, ej^priraée d'ailleurs avec énergie, si elle ne pouvait Tètre avec charme, ait été à dessein exagérée * dans le dessein d'offrir une image maligne, une odieuse allégorie de la violence et de la perfidie reprochées par Athènes à sa rivale Lacédémone? Si les souvenirs nationaux, les traits de localité et de

circonstance dont abonde cette tragédie, sont sans effet pour nous, si plusieurs de ces personnages nous repoussent par l'expression ou trop chargée ou trop fidèle de la barbarie, que peut-il donc lui rester qui nous y attire?

Uniquement ce que je me suis attaché à faire ressortir

dans cette analyse, les peintures touchantes et dans le génie d'Euripide, que présentent soit la fidélité de

l'esclave troyenne , soit l'humanité du vieux et faible

Pelée, soit l'innocence de Molossus, soit enfin l'h.'roïsme maternel si vrai, si simple de ce rôle d'Andromaque que deux grands poètes ont dignement loué en

l'imitant.

Je ne puis en venir de l'ouvrage d'Euripide à celui de Racine, sans m'arrêter à un morceau célèbre^ placé entre

eux dans l'ordre du temps, et qui leur sert comme de

lien. L'inspiration du poète grec a été recueillie par Virgile, qui l'a transmise , plus pure peut-être et plus vive

encore, au poète français. Ainsi , pour emprunter à l'antiquité' une figure prise de ses usages*, dans le

*. C est ],eiit-ètie par la ii.ôme raison que Méiicl;is pst m Titré sous un jour t?i ulcheux dans VOr(ste. Voyez plu'< liaul, p. 203 sq.

2. Je ne parle pas iln VAndromaque d'Ennius, citée plus haut fp. 276) ; elle n'était |; s, ù ce qu'il semMe, imitée de VAndromaque «i'Euiipide, ot se nipponail [dutôt à un (l'pisode de ses Troijennes. De VAndromaque d Aliiuscn ne sait rien, alisolument, que soji existence.

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