‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 493 sur 893 · V. 690 sqq · texte numérisé non relu

V. 690 sqq

3 M Harling. ibid., p. 454, a fait de cette scène, en 1844, un eloge (fti'on daterait volontiers de 1814 : « Plénum prudeniiae militans hoc

« est colloquium : Acbillem cum Pabimede aut Blucherum cura « Gneisenavio colloquentes iiobis audire videmur, Eteoclem et Creon-

« lem audientes. » . v . ,

4 V 751 sq. Grotius {Proleg. in P/ia-niss.) voyait dans ce passage un témoignage de respect pour Eschyle; il lui paraissait qu'Euripide y faisait entendre qu'il ne voulait pas recommencer la belle énumération des sept chefs. J'ai suivi, avec beaucoup d'autres critiques, l'explication de Brumoy, comme plus vraisemblable, plus conforme aux habitudes de l'auteur des Phéniciennes. (Voyez notre t. 1, p. 61, 347 sqq.' Il, 349., enfin dans le IV, un passage du xviu» chapitre, sur une'fcatire littéraire de même sorte qui se rencontre dans /es Suppliante*, v. 850 sqq.)

une place pour l'épigramme, pour la flalterie, pour les caprices de rimagination *, risque fort de réduire d'aulant celle que le sujet réclame et qu'il ne saurait partager impunément.

Il faut cependant rendra, justice à Euripide : après avoir, au début de ses Phéniciennes^ dans un de ces prologues qu'on lui reproche, rappelé en beaux vers ^ la mystérieuse et sombre destinée d'Œdipe, qui doit présider à tous les incidents de ce drame, il la met pour ainsi dire

en scène et la produit elle-mêrae au dénoûment d'une

manière frappante et terrible. Étéocle et Polynice sont

tombés sous les coups l'un de l'autre, Jocaste s'est tuée

sur leurs corps, on rapporte toutes ces tristes dépouilles,

et Antigone qui mène le deuil, appelle à haute voix,

1. Selon quelques critiques, u rdU(5r.ntencfiro y ajouter certaines allusions polititjues à l'exil et au retour d'Alcibiafle, et ces allusions confirmeraient ce que l'on sait, d'après certains témoignages, de la date de 1 ouvrage. Voyez les «^crils de MM. Ziridorf, God. Hermann, J. A.

Harlung, Th. Fix, auxiinels i est renvoyé plu> bas, page 307, note 1.

Une Of)inion qui appartient en propre à M. Hartung (voyez tbid., 409, r>q I.), c'est que ces Phniccnncs dont se compose le cliœur de la tragédie et desquelles elle liie son nom, ne viennent pis (leTyr, mais de Carthage, et que leur iniervention dans cette fal)le a pour but de recommander aux Athéniens l'alliance d s Carthaginois.

2. V. Il sqq : « 0 toi qui le frayes une route à travers les astres, sur ton char doré, et qui roules la flamme aux pieds de tes coursiers rapides, quels funestes ra-.ons, ô s.deil, as-tu lancés sur Tlièhes, le jour où Cadmus, etc. » l'riscien (de Metr. Teren..) nous a conserve le passage des Phéniciennes d'Altius oii était reproduit ce début, très-libre» ment, comme sans doute la pièce entière :

Sol qui micantem candide curru atque equis

Flammam citatis fervido ardore explicas,

Qiiianam tam adverse augiirio et inimico omine Thebis radiatum lumen ostendis tuum?

Ce présent os^endis donne à penser qu'Attius ne remontait pas aussi haut qu'Kuripide, et faisait luire cette triste lumière seulement s-jr la

discorde elle meurtre mutuel des deux frères. Il est<iu reste instructif de remarquer comment, dans les vers grecs, tout se détache, tandis que tout se confond dans les vers latins, singulièrement chargés et et embarrassés, et pnr là intraduisibles.

Aux vers G6 et suivants du prologue d'Euripide, se rapportent d'autres fragments des Phéniciennes d'MUuSyOii il estégalement question de la condition enfreinte par Étéocle, mais avec quelque différence :

LES PHÉNICIENNES

hors de la retraite où il vit caché loin do tous les yeux, ce déplorable vieillard dévoué par le sort à des horreurs si inouïes, et dont les malédictions ont attiré à leur tour

sur sa race tant de nouveaux forfaits, tant de nouveaux malheurs.

« 0 ma fille, s'écrie-t-il, pourquoi, par tes cris déchirants, rappelles-tu vers la lumière, hors de la couche où il repose, hors de sa demeure ténébreuse, cet aveugle, ce vieillard infirme et chancelant, cette tête blanchie, un spectre, une ombre, un vain songe'"

C'est pour entendre la An db celle qu'il appelle à la fois du nom de mère et du nom d'épouse, de sa complice involontaire, du soutien p^énéreux de sa caducité; c'est pour apprendre comment les fils dénaturés que lui donna l'inceste ont été poussés par la malédiction paternelle à l'inévitable fratricide; c'est pour toucher une dernière fois de sa main tremblante, que guide une autre main, ces morts détestés et chéris, ces objets d'horreur et d'amour; c'est

pour que ses plaintes , où se pressent et se confondent

tous ses souvenirs , nous fassent repasser la trame fatale de sa vie, et remonter, de crimes en crimes, de calamités en calamités, jusqu'à la cause cachée qui a tout accompli.

Le scoliaste-, suivi en cela par plus d'un critique', re-

chez le prêle latin, celle condition a été imposée par Œdipe à ses fils, tandis que chez le poète grec eliea été réglée entre les deux frères.

ç U leur a laissé le trône à la condition de l'occuper tour à tour. »

« De peur que leurs divisions, leurs discordes ne dissipent, n'anéantissent la puissance et la richesse de cet Éiat. »

Vicissitatemque imperitandi tradidit.

Ne horum discordiae et dividiae dissipent, Disturbent tantas et tam opimas civium Divitias.

(Non., v. v. Vwissitatem, dividtx.)

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