Jérusalem délivrée, cl), m
LES PHÉNICIENNES
Ce n'est pas la dernière transformation qu'elle ait subie; elle a reparu , il y a quelques années, dans un roman * qu'on peut citer sans irrévérence , même après ces chefs-
d'œuvre de la muse épique. Gomme Hélène, comme Herminie, la Rébecca de Walter Scott décrit au chevalier blessé, à qui elle prodigue ses tendres soins, l'armée qui assiège le château où ils se sont tous deux renfermés. Seulement la situation est plus vive ; c'est au milieu d'un assaut , le corps à demi penché hors de l'étroite fenêtre d'un donjon, sous l'abri d'un bouclier qui la protège contre les traits ennemis, que parle des combats et des guerriers l'héroïne du poète écossais.
Ce qui fait le prix de ces passages, c'est moins encore
le tour ingénieux donné à la description , que les sentiments qui s'y mêlent. Cette juive, amante dédaignée d'un chevalier chrétien, cherche à s'élever jusqu'à lui par le mépris du danger, par un enthousiasme belliqueux. Lorsque Aladin remarque Tancrède et demande à Herminie le nom de ce guerrier qui se présente d'un air si noble et si fier, au lieu de réponse, un soupir vient sur ses
lèvres , et dans ses yeux des larmes. Sohrab , parmi ces chefs qu'on lui montre au loin dans la plaine, est impatient de se faire nommer son illustre père, Rustem, qu'il n'a jamais vu, qu'il e?' venu chercher héroïquement, à la tête d'une armée, p'r.r s'annoncer à lui par ses exploits, et sous les coups duquel une fatalité cruelle le condamne à mourir. Hélène ne nomme qu'après un long détour, et rougissant de honte, Agamemnon dont l'aspect la rappelle au sentiment de sa faute ; elle cherche avec
inquiétude , dans les rangs , ses frères , Castor et Pol-
lux , qui, peut-être, dit -elle, se sont éloignés des
combats pour ne point partager l'opprobre de leur
sœur
En empruntant à Homère une scène si digne du théâtre, Euripide, à son exemple, l'a animée de beautés non