Acte IV, se
LES PHi!NIG!ENNES. 329
ÉTÉOCLE, Vous appelez toujours ces sœurs impitoyables I
ŒDIPE
Je les appelle ici contre des fils coupables ; Je transnorte sur vous qui m'avez outragé,
Les malédictions dont Laïus m'a chargé.
Combattez tous les deux, marqués de ma colère.
POLYNICE
Œdipe n'a donc plus la tendresse d'un père ?
ŒDIPE
Vous qui la réclamez, avez*vous été fils?
POLYNICE
Que mes pleurs.,..
ŒDIPE
Eh 1 les miens vous ont-ils attendris ?
ÉTÉOCLE
Jouissez donc! Sur nous nos sanglantes épées....
ŒDIPE
Dans le Slyx à ma voix les dieux les ont trempées !
ÉTÉOCLE, à Polynice.
Tu le vois 1
ŒDIPE
Vous croyiez que des enfants ingrats Sur Fauteur de leurs jours peuvent lever leurs brasj Les dieux, pour vous punir, ont armé votre rage ; Les dieux au front d'un père ont marqué leur image.
C'est leur pouvoir qu'en moi vous avez offensé, Et votre châtiment a déjà commencé.
Jupiter, jusqu'à toi ma voix est arrivée ; Jupiter, prends ta foudre aux méchants réservée.
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Viens donc.
ÉTÉOCLE, à Polynice.
POLYNICE
Oùsuis-je?
ŒDIPE
Et vous, vous. Até, Némésîs, Dieux de sang, dieux de mort, dieux dignes de mes fils,
^ -il
Toi, Mars, qui dans leur sein as versé ta colère.
Toi, plus terrible encore, ô Laïus, ô mon père,
Vengez sur leurs auteurs les maux que j'ai soufferts; Saisissez ces ingrats que je voue aux enfers.
Voilà, cruels, quels dieux au combat vous attendent:
Tisiphone, Mégère, Alecto vous demandent. Allez, sous leurs regards, brisant tous vos liens.
Achever un forfait aussi noir que les miens '.
Tel est l'inventaire, complet,, je crois, des pièces composées depuis Euripide sur un sujet où Ton n'a pu le vaincre, ni même l'égaler. D'autres ouvrages, où le sujet se retrouve sous d'autres noms, avec d'autres mœurs, d'autres couleurs, lui seraient opposés avec moins de désavantage. Les auteurs d'Adélaïde du Guesclin, de la Fiancée de Messine, qui, tous deux, ont peint le fratricide,
ont su, comme Euripide, mêler à l'horreur tragique, pour en tempérer l'excès, le charme du pathétique, et déguiser ainsi de quelque miel la coupe amèredeleurMelpomène.
1. Voyez d'autres extraits de cette p èce à la suite de la Thébaideâe Sénèque, dans l'édition rappelée plus haut, deM. J. Pierrot, 1. 1, p. 491 sqq., et dans les notes dont M. L. Halévy a fait suivre son élégante traduction des Phéniciennes d'Euiipide, la Grèce tragique^p, 311 sqq.