Schol. V
if.
scènes, passent et repassent le détroit qui sépare de la Troade la Chersonèse de Thrace', ce qui ne serait guère, vraisemblable, malgré la proximité des lieux; ou bien que le sacrifice s'accomplisse près d une mage, d une représentation du tombeau d'Achille, près d un cénotaphe-. Ces deux sentiments ont été soutenus, et au besoin on pourrait les appuyer, le premier de l'autorité de Sophocle, qui, dans ses Trachinienne^, fait si souvent et si rapidement voyager ses acteurs, de Trachine àl'ile d Enbee ; le second, de celle de Virgile, qui, dans son Enéide, nous représente Andromaque honorant en Epire la mémoire d'Hector, près d'un vain tombeau de gazon'. J aime mieux croire, pour mon compte, qu'Euripide ne s'est pas mis en peine de répondre à des objections que probablement ne lui ferait point le spectateur, d'ordinaire très- porte a admettre ce qui ne se passe point sous ses yeux et qu on se borne à lui raconter; qu'ainsi, parlant hardiment du sacrifice de Polyxène et du tombeau d Achille, sans crainte qu'on le sommât de déclarer au nom de la science mythologique et de la géographie, en quel endroit preciS il plaçait et ce tombeau et ce sacrifice, se tenant, sur ce point, dans un vague où il pensait qu'on ne ferait pas difficulté de rester avec lui, il n'a songe qu a une cliose, à renfermer dans un même tableau le destin des deux derniers enfants d'Hécube, la double disgrâce qui achevé
Cette intention d'Euripide, l'idée même de sa composition, est très-clairement exprimée dans le prologue, et nous remarquerons qu'il ne perd pas une occasion de la rappeler dans le cours de l'ouvrage. « Ma mère verra au-
iourd'hui les corps de ses deux enfants, le mien et celui de mon infortunée sœur^ « dit Polydore, ou plutôt son
1. Musgrave, God. Hermann, etc.; en dernier lieu, J. A. Hartung,
ibid., t. l,p. 508 sq., 5l6.