‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 522 sur 893 · III, 303 s.)q. Voyez plus haut, p. ^»». ô. V. 45 sq · texte numérisé non relu

III, 303 s.)q. Voyez plus haut, p. ^»». ô. V. 45 sq

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ombre qui paraît sur la scène pour y expliquer aux spectateurs, de la part du poëte, le sujet de la pièce, ce qui a précédé et ce qui doit suivre.

Il v a presque toujours deux parts a faire dans les prologues d'Euripide. Si l'on en sépare cette préface antidramatique, qu'on lui a tant et si justement reprochée, il peut V rester encore une scène d'une invention originale et frappante. Nous l'avons vu dans les Troyennes, on le tableau du désastre de Troie s'ouvre d une manière

certainement bien inattendue, par le complot de deux divinités pour la venger et punir ses vainqueurs.^ Ici, le prologue ne forme point un contraste avec les scènes dechilantes qui vont commencer; il y prépare au contraire, par des images funèbres et fantastiques ; 1 imagination se sent fortement saisie ' à l'apparition de cette ombre, qui nous est représentée, dans des vers d une expression et d'une harmonie lugubres, comme ayant abandonne sa de-

I ricéroii témoicne de l'effet de ce morceau {Tusc. 1, 16), quoique

Carmen Les vers si umbiimsu^"^ ioiih*»rtp avt»c laaue le ces vieux

pas sans beaut' poétique, eiaans lequ^i u ^

écrivain qui nous l'a conserve, Lucrèce {de Nat. rer., m, uo;, «

trouvé quelque chose à prendre :

Adsum atque advenio Achenmte vix via alla atque ardua, Per ?peluncas saxis structas aspens pendentibus

Maximis, ubi rigida constat et crassa caligo mferum.

Unde anima excitantur obscura «mbra, aperto ostû) Alti Acherunlis,fali.o sanguine mortuorum imag.nes.

. J'ai Quitté l'Acbcron, remontant une route longue et difficile, soJs' dJs'vôates^outerraines, ^'«û pendent d^âpres, c^imiuenses rochprs où s'étendent d'épa s«:es, de lourdes ténèbres.... l arcetie rouie vSen^es sombres Zôs du lointain Achéron, lorsque la porte des enfers s'est ouverte, les trompeuses images des morts. .

On croirait d' bord qu'il faut placer à la suite de ce fragment de

pouille terrestre, battue des flots près du rivage, sans tombeau et sans larmes, comme errant dans les airs, au-

monologue les restes de dialogue également cités, et avec des éloges semblables {Acad. II, 27 ; Tusc, I, 44), par Cicéron :

0 pietas animi !

Mater, te adpello : tu quse curam somno suspensam levas, Neque te mei miseret, surge et sepeli gnatum.

Age,

Âdstd; mane, audi; iteradum eadem istaec mihi.

« Où est ta tendresse ?... »

.< Ma mère, écoute-moi ; tu chai mes tes soucis par le sommeil^ sans plaindre mon malheur : lève-toi; ensevelis ton fils. »

« Arrête; demeure; écoute-moi ; répète tes paroles; que je t'entende encore ! »

Mais cette ombre n'est point celle de Polydore ; celte mère dont elle trouble le sommeil, et qui s'éveille en cherchant à la retenir, n'est point Hécube : Cicéron lui-même prend soin de le dire. Nous avons là des fragments d une tragédie d'Hione, imitée, on ne sait de qui, par Pacuvius (0. Ritibeck, Trag. latin, reliq., 1852, p. 84, 292), et dont \oici, faute de mieux, le sujet tel qu'il se trouve indiqué chez Hygin

{Fab. cix) et les scoliastes d'Horace, Acron etPorphyrion (ad 5erm. II, m, 60) .

llione, fille de Priam et femme de Polyraeslor, a eu de celui-ci un

fils nommé Déiphile. A ce fils elle a imaginé, par une funeste prévoyance, de substituer son jeune frère Polydore, lorsqu'il leur a été envoyé. Elle cause ainsi la mort de Déiphile, assassiné à la place de Polyaore par le tyran de Thrace, et qui vient avenir sa mère de son

triste sort.

Cetie scène, nous le savons encore par Cicéron, frappait beaucoup le public: Ilœc pressiset fïehilibus modiSf quitotis theatris mœstitiam inférant, concinuntur. 11 y est fait allusion, comme à quelque chose de fort connu, dans ce passage où l'orateur peint Clo iius se glissant furtivement à un spectacle de gladiateurs {pro Sextio, ux) : Is quum quotidie gladiatores spectaret, nunquam est conspectus, quum veni-

ret : emergehat subito, quum sub tabulai subrepserat, ut Mater, te appelle diclurus videretur. Souvent représentée, elle donna lieu, par

la suite, à l'anecdote plaisante que rappelle Horace dans ces vers :

Non magis audierit quam Fusius ebrius olim Quijm Ilionam edormit, Catienis mille ducentis Mater, te appello clamantibus.

a II entendrait comme entendait, dans son ivresse, l'acteur Fusius, dormant le rôle dllione, tandis que douze cents Catienus criaient à la fois : Ma mèrej écouie-moi. »

Fusius jouait llione Catienus, Déiphile et tous les spectateurs en-

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tour de la demeure d une mère, pour Tinformer de son

triste sort, et en obtenir les derniers honneurs*.

Cette vision, qui nous est oilerte, troublait, dans le même moment, le sommeil d'Hécube, et l'a chassée, tout épouvantée, de la tente qu'elle habite. Par une nouvelle contradiction qu'il faut remarquer en passant, ce n'est

pas de la tente d'Ulysse, comme le ferait penser le dénoiiment des Troyennes, mais de celle d'Agamemnon, que nous la voyons sortir. Elle se traîne, appuyée sur le bras de quelques Troyennes, à qui elle adresse des paroles qui peignent d'abord toute l'horreur de sa chute, l'étrange

vicissitude de ses prospérités et de ses misères :

« Guidez, jeunes filles, guidez, soutenez une vieille femme, votre compagne d'esclavage aujourd'hui, autrefois votre reine *. »

Le désordre de son esprit est marqué par celui de ses discours : ce sont de fréquentes et vives apostrophes ; un récit, à chaque instant interrompu par ses vœux maternels, des images confuses, des obscurs et pourtant trop clairs présages, qui lui ont annoncé la perte de ses deux enfants,

A ces vagues mouvements de crainte et de douleur succède bientôt une désolante certitude. Les captives troyennes, dont se compose le chœur, quittent en foule et à la hâte les tentes de leurs maîtres, pour venir apprendre à Hécube ce que l'infaillible instinct de la tendresse lui avait fait pressentir. Achille s'est montré sur son tombeau'; il a réclamé pour sa cendre un sacrifice sanglant

traient, par plaisanterie, dans le rôle de ce dernier, pour révei'lcr llione trop endormie.

Ce sujet, je crois, a été traité, sous forme de tragédie, dans le Polydore de l'al.hé PeUegrin, en 1705 ; sous forme d'opéra, dans le Pofv-

dore rie De la Serre (musique de Batestin), en 1720.

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