Voyex plus haut, p. 31 sqi
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notre goût, a relevé, par un généreux oubli de soi-même,
un noble dédain de la mort, l'involontaire faiblesse de la
fille d'Aeamemnon, le soin de notre dignité moderne ne
l'a pas éloigné autant qu'on le croirait de limitation des Grecs; il a mêlé, à l'image de leur Iphigénie, quelque chose de leur Polyxène; il a fait comme ce peintre éclectique de l-antiquité qui empruntait à divers modèles les
traits d'une même beauté.
Il Y a au théâtre des situations dont 1 annonce seule excite, avec une vive curiosité, la plus douloureuse émotion Tel dut être, ce me semble, l'effet de cette simple
parole, tout à coup adressée par le chœur à Hecube, au
milieu des épanchements de tendresse auxquels elle s abandonne avec sa fille :
« Hécube, voici Ulysse, qui vient d'un pas rapide. Sans doute il a quelque ordre nouveau à vous déclarer . »
Que va dire cet orateur habile, chargé de remplir sans faiblesse et sans dureté un ministère cruel? Quels effor s
tentera cette mère au désespoir dans le combat cruel,
comme elle le dit elle-même % qui va s'ouvrir? Euripide n'est pas resté au-dessous d'une telle attente.
Ulvsse annonce la volonté des Grecs, dont il est 1 interprète et l'instrument, dans un langage bref et décide, aui ne permet ni l'espoir ni la résistance et commande la résignation : à peu près comme le Talthybius des Troyennes, mais avec ce ton plus marque d autorité et de commandement qui doit distinguer d'un sulbaterne un des chefs de l'armée. Hécube, de son côté, se modère, se recueille, rassemble ses forces, et, de même qu Ulysse a
cherché tout d'abord à la décourager par l'expression absolue et péremptoire de ses ordres, elle s'efforce, a son tour, de lui rendre, avant tout, par le souvenir d un bienfait important qu'il a reçu d'elle, sa mission plus pemblc