‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 533 sur 893 · Troad.y v. 1144 sqq · texte numérisé non relu

Troad.y v. 1144 sqq

Au coup inattendu qui la frappe, Hécube fait éclater un désespoir dont la violence est marquée par la rapidité

soudaine du style et du mètre. Elle devine le crime de

Polvmestor, ne respire plus que la vengeance et 1 implore

d'Agamemnon, qui, étonné de sa lenteur à ensevelir sa

fille est venu la presser de remplir au plus tôt ce triste office. Elle obtient de lui non pas qu'il punira le traître, c'est, après tout, l'allié des Grecs , et il craindrait de paraître animé contre lui par sa tendresse pour Gassandre, mais qu'il laissera agir le ressentiment des

Trovennes. , . *^ i

J'ai parlé ailleurs' de la pitié que laisse paraître le

chef des Grecs pour la misère d'Hécube. La vue de ses

maux inouïs et l'éloquence de ses plaintes rendent ce sentiment naturel. Mais ce qu'il y a de remarquable , c est

qu'un motif plus particulier le pousse à la compassion. Polvdore est frère de Gassandre ; Gassandre est sa captive aimée ; c'est au nom de ce lien honteux , qu elle a déploré détesté, que vient de le conjurer Hecube dans sa détresse', et le poète fait deviner avec art que ce moven désespéré n'a pas été inutilement employé pour l'émouvoir'. Le chœur, chargé sur la scène antique de l'explication des intentions secrètes du drame, ne sug-

eère-t-il pas l'idée d'un commentaire, qui risquerait de paraître subtil, lorsqu'il remarque le pouvoir du temps et des circonstances qui changent la haine en amitie ?

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