‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 534 sur 893 · V. 830 sqq · texte numérisé non relu

V. 830 sqq

LES TROYENNES. HÉCUBE

Le commencement de la scène est fort beau : on y voit Hécube combattue entre la nécessité de supplier son ennemi et un reste de fierté qui la retient. C'est, on l'a remarqué, comme dans cette scène de Racine où Andromaque se résigne, pour le salut d'un fils, à tomber aux

pieds de Pyrrhus*. La lutte intérieure qui tourmente le

cœur d'Hécube est exprimée sous une forme assez rare dans les tragédies grecques, sous la forme longtemps continuée d'un aparté :

HÉCUBE, à part.

.... Malheureuse! que ferai-je? Me jetterai-je aux genoux d'Agamemnon, ou supporterai-je mes maux en silence?

AGAMEMNON

D'où vient que VOUS VOUS détournez de moi en pleurant, sans me répondre?...

HÉCUBE, à part.

Et si, voyant en moi une esclave, une ennemie, il me repousse, je n'aurai fait qu'ajouter à ma douleur.

AGAMEMNON

Je ne suis pas devin, pour pénétrer, sans vous entendre, jusqu'à vos pensées.

HÉCUBE, à part.

Mais peut-être je lui suppose à tort les sentiments d*un ennemi? Il ne me veut "point de mal.

AGAMEMNON

Vous persistez à vous taire? Eh bien, soit : moi-même je ne veux plus rien savoir.

HÉCUBE, à part.

Sans lui je ne puis venger mes enfants. Pourquoi hésiter encore ? Il faut oser, quel que doive être le succès. Agamemnon, par ces genoux que j'embrasse, par votre visage, par votre droite fortunée*....

Ce dialogue fort naïf et d'un tour original peint à mer-

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