V. 998 sqq
4. On peut les rapprocher des équivoques menaçantes de Clytem-
nestre dans VAgamemnon d'Eschyle. V. ^85 sqq., 948 .^q. (Voyez 1. 1, p. 321 ; de celles d'Ajax, d'Éleclre, d'Oresle chez Sophocle, dans son
II
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tant d'autres passages de cette belle scène, paraît l'ardeur, la ioie de la vengeance, et auxquels répondent les chants sinistres du chœur, qui, resté seul, célèbre d avance le prochain châtiment du traître.
Je ne sais si c'est uniquement par une Tess^mblance accidentelle que dans une tragédie de Lemercier, à laquelle a manqué l'épreuve de la représentation, et que l'impression seule a fait connaître, en 1820, dans son Glovis*, se trouve une situation toute pareille, et même ce dernier trait que je \iens de citer.
Le vieux Sigebert s'est tué de sa main pour échapper au roi des Francs ; son fils Glodoric se^ présente à Glovis comme son assassin ; c'est pour le servir, lui dit-il, qu il a commis ce crime; il veut en outre lui livrer les trésors enfouis par son père dans le lieu secret où il s'était cache et où il a trouvé la mort. On comprend que Glodonc veut y attirer Glovis, loin de ses soldats, pour le punir sur le corps même de sa victime. Qu'on me permette de transcrire quelque chose de cette scène, qui offre avec celle d'Euripide une frappante analogie, et se distingue comme elle par l'énergique concision et le sens détourné du dialogue.
CLOVIS
Prince.... où donc votre père était-il retiré?
GLODORIC.
Sous ce palais, au fond d\m réduit ignoré.
CLOVIS
Pourquoi refusiez-vous d'abord de m'en instruire
GLODORIC.
Je rignorais : lui-même est venu m'y conduire.
CLOVIS
Il s'est donc sans frayeur mis en votre pouvoir ?
Ajax,w. 689 sq.; dans son Electre, v. 1447 sqq. (Voyez t. II, p. 20,
l. ActeV, s:. 4.
LES TROYENNES. — HÉCUBE
GLODORIC.
Oui, sans frayeur.... et moi, j'ai rempli mon devoir.
CLOVIS
Il fallait de ses jours me rendre encor le maître,
GLODORIC.
Vos soldats devant vous m'empêchaient de paraître.
CLOVIS Sa mort me garantit votre sincère foi.
GLODORIC.
Puissent tous vos sujets vous aimer comme moi I
CLOVIS
Ce zèle aura bientôt sa digne récompense.
GLODORIC.
Oui, le sang paternel sera payé, je pense.
CLOVIS
Comptez-y bien : Glovis peut vous en assurer.
GLODORIC.
Un mystère important me reste à déclarer.
L'enceinte de ce lieu cache un trésor immense ;
Et, pour me conquérir votre auguste alliance,
Je prétends vous livrer le dépôt précieux
Des biens que sous la terre ont gardé mes aïeux.
Aux avides regards j'ai craint de les commettre.
C'est dans vos seules mains que je les veux remettre :
Suivez-moi sous la voûte où mes pas ont marché.
CLOVIS
En quels lieux descendrai-je ?
CLODORIC.
Où mon père est couché.
C'est, comme on voit, l'annonce menaçante d'Hécube,
et ce dernier vers nous ramène à la pièce grecque qui approche de son dénoûment, ainsi que cette analyse. On entend les cris de Polymestor, auxquels répondent,
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par un jeu de scène fréquent chez les Grecs, les accents tumultueux du chœur qui les écoute. Le malheureux se plaint, en gémissant, qu'on lui crève les yeux et qu OU
Lorge ses enfants. Bientôt on le voit paraître hors de la
tente dont les parois cèdent à ses coups redoubles ; aveugle, et tout sanglant, il poursuit Hécube et les Troyennes, qui fuient devant lui, en insultant à sa fureur, et à ses efforts impuissants pour se venger; il écoute avec avidité le bruit sourd de leurs pas, il s'élance impétueusement sur leur trace ; il va, il vient, il s'arrête ; a ses imprécations se mêlent ses tendres plaintes sur ses entants massacrés et dont les corps restent exposés à d'indignes outrages; il veut retourner, pour les défendre, et il no
peut ; une ombre épaisse, une ombre éternelle l'environne; alors' son désespoir n'a plus de bornes et s'exhale en longs sanglots, en clameurs confuses, en apostrophes et en images incohérentes. Une telle scène a du longtemps paraître bien étrange à la réserve de notre art moderne, surtout si l'on pense que son désordre tout lyrique était, comme on n'en peut douter quand on la lit, traduit aux yeux par la plus expressive pantomime.
La douleur de Polymestor, cet infâme meurtrier, justement puni de son crime, ne doit pas nous attendrir, mais
BOUS épouvanter. Le poëte, avec hardiesse, en charge volontairement l'expression presque hideuse. Ce n'est pas un homme qu'il nous montre, mais une bête sauvage blessée par le chasseur, et dont on a tué les petits. La mère de Polyxène et de Polydore pleurait bien autrement
ses enfants, et je ne doute guère que l'idée de ce rapprochement ne soit entrée pour quelque chose dans le plan d'Euripide. ,
Cette image, dont je me servais tout à l'heure, ^ c est Polymestor lui-même qui l'exprime», et elle se présente
d'ailleurs naturellement à la pensée quand on entend les
farouches rugissements de ce monstre de Thrace.
Agamemnon est accouru au bruit; il s'informe du spec-