Acte V, se
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langue. Il va s en offrir du même genre au sujet de la seconde scène que j'ai annoncée, scène qui eût pu fournir à Racine, si le plan de son Andromaque l'eût permis, quelque chose de plus que des détails à extraire et à polir, une situation vive et touchante.
Les premiers vers de cette scène nous montrent Sénèque dans une situation assez piquante, entre les deux génies les plus purs de l'antiquité et des temps modernes, Virgile et Racine, gâtant ce qu'il imite du premier, et, à son tour, imité mais embelli par le second.
Andromaque retrouve Hector dans Astyanax :
« Voilà les traits de mon Hector ! voilà son air, sa démarche !
C'est ainsi qu'il portait ses mains généreuses! Je reconnais sa noble et majestueuse attitude, la fierté de son front, et cette épaisse chevelure qui flottait sur ses épaules*. »
Virgile 2 avait auparavant dit la même chose, mais avec plus de brièveté, de simplicité, de vérité, et Racine, en
imitant Sénèque, a remonté par le goût jusqu'à Virgile : C'est Hector, disait-elle, en l'embrassant toujours ;
Voilà ses yeux, sa bouche et déjà son audace ;
C'est lui-même, c'est toi, cher époux, que j'embrasse».
Remarque-t-on comment s'ordonnent, se resserrent
SOUS la plume habile du poë te français les traits multipliés
et confus du tableau tracé par Sénèque ; comme surtout
se détache heureusement dans l'imitation celui-ci, perdu
dans l'original : et déjà son audace? Ce travail industrieux d'imitation et de style, par lequel on ne pensait pas alors que l'inspiration, la véritable inspiration, pût être refroidie, ne le prenons-nous pas ici sur le fait? Il n'y a pas jusqu'au dernier vers :
C'est lui-même, c'est toi, cher époux, que j'embrasse.