‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 543 sur 893 · jEneid. Ilf, 489 sqq · texte numérisé non relu

jEneid. Ilf, 489 sqq

3 Andromaque^ ^cte II, se. 5«

Dt

LES TROYENNES. — HÉGUBE. 401

expression vive et soudaine échappée sans effort au transport d'Andromaque et à l'émotion de son interprète, qui n'ait été provoqué par un autre passage de Sénèque, où il est contenu* :

« J'en atteste les dieux, ô mon Hector, que dans mon ûh c'est encore toi que j'aime. Qu'il vive pour me rendre tes traits! »

Je ne crois pas m'être écarté beaucoup de mon sujet en faisant ressortir, par la comparaison, cette pureté de f^oût que Racine partage avec les Grecs, et qu'il avait en partie

empruntée d'eux. Il faut passer même à la critique quelque épisode.

Ce fils dont s'occupe si tendrement Andromaque, elle tremble de le perdre. Elle a été avertie qu'un grand danger le menace, par un songe, qui a le tort de rappeler, à son grand désavantage, l'apparition d'Hector à Énée dans l'Enéide*, et dont on peut dire, comme du héros :

Combien il est changé ! Il y a pourtant quelque beauté dans la joie que témoigne Andromaque d'avoir revu son époux, même si tristement défiguré ^ ; dans les espérances qu'en dépit du sort elle s'obstine à placer sur la têie de cet enfant que l'on poursuit et pour qui elle cherche un asile. Elle-même s'aperçoit de son illusion, et s'y arrache par ce retour attendrissant qui n'a pas échappé à l'art de

Racine :

«• Mais j'oublie mon destin. Me permet-il de former de tels

vœux / Vivons ! c'est assez pour des captifs *. »

Où Andromaque mettra-t-elle en sûreté cette vie, que sa seule ambition est de sauver? Troie a été tout entière consumée par les flammes, et de cette grande cité, lui fait dire longuement et subtilement Sénèque, il ne reste paa

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