V. 476 sqq
2 Voyez plus haut, p. 355 sqq.
LES TROYBNNES. HECUBE.
« Où est ton fils? lui dit-il. — Où est Hector, répondelle, Priam, les Troyens? Tu n'en veux qu'un, moi je te les redemande tous*. «
Il la menace, si elle ne répond, de la torture et de la mort. « Menace-moi de vivre, s'écrie-t-elle ; c'est la vie que je crains*. »
Son fils ! elle ne sait quel est son sort, ou plutôt elle en
est trop certaine ; il est au tombeau, elle le jure : équi-
voque que relève une situation si critique. Ulysse part
persuadé de la mort d'Astyanax, empressé d'en porter la
nouvelle aux Grecs. Cependant il s'arrête et se consulte,
dans une sorte de monologue, de long aparté que Brumoy condamne mal à propos, et qui exprime au naturel le génie soupçonneux et pénétrant du héros : les Grecs l'en croiront-ils? et lui-même, en un tel sujet, doit-il en croire une mère et ses serments ? Et puis il lui a semblé
voir chez Andromaque plus de crainte encore que de
douleur. C'est pour lui un trait de lumière : il se rapproche de la mère d'Astyanax et la félicite d'une perie
dont il faudrait consoler toute autre qu'elle; car enfin sou
fils devait être cruellement précipité du faîte de la seule tour qui reste de Troie. A cette terrible déclaration, Andromaque ne peut réprimer un mouvement d'épouvante qu'attendait et que remarque Ulysse. « Elle a tremblé, se dit-il à lui-même; elle est encore mère; sa terreur l'a trahie; c'est par là que je puis la surprendre^ » Et, appelant ses soldats, il leur ordonne, à grands cris, de
chercher aux environs la victime que réclame la vengeance
des Grecs et qu'on a prétendu leur dérober. Puis se retournant tout à coup vers Andromaque, qui, à cet ordre
imprévu et au mouvement tumultueux qui le suit, se trouble de plus en plus : « Pourquoi ces regards, lui dit-il, cette agitation, puisqu'il est mort*? » Toute cette conduite, on ne