La Troade, acte I, se
LES TROVENNES. — lll£CCCE. 417
Telle est cette patriotique maxime :
Eh! quel plus grand honneur sçaurait-on acquérir Que sa douce patrie au besoin secourir, Sehazarder pour elle et, courageux, respandre Tout ce qu'on a de sang pour sa cause détendre ' ?
Tels sont enfin des passages qui se rapportent aux plus belles situations de la Troade de Sénèque, de ïllécube d Euripide, et par la citation desquels on me permettra de compléter les extraits que j'ai déjà donnés de ce
vieux poëte :
ANDROMAQUE
N'ayez peur que jamais vos enfants il eiïroye, Qu'il répare jamais les ruines de Troye,
Qu'il bâtisse un royaume en ces bords désertez, Et rassemble en un corps les Troyens escartez : N'ayez peur, n'ayez peur qu'à vostre mal il croisse. Et qu'au rivage grec jamais il apparoisse, Conducteur d'une armée, à fin de se venger, Que Mycènes il aille ou Argos assiéger.
j'ay perdu père et mère, et frères, et mary,
Poyaumes, libériez, tout mon bien est péry : Rien ne m'est demeuré que ceste petite âme, Que j'avois arrachée de la troyenne flamme. Laissez-le-moy, Ulysse, et qu'il serve avec moy; Hé! peut-on refuser le service d'un roy?
ULYSSE
Faites-le donc venir.
ANDROMAQUE
Sortez, ma chère cure,
Sortez, chétif enfant, de ceste sépulture.
Voylà que c'est, Ulysse ; et n'est-ce pas de quoy. De quoy mettre aujourd'hui mille naus en effroy ?