‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 555 sur 893 · Acte I, se · texte numérisé non relu

Acte I, se

EUFiproE. I. — 27

Sus, jelez-vous à terre, et de vos mains foibleltes Embrassez ses genous, songez ce que vous estes :

Demandez qu^l vous sauve, il est voslre seigneur;

N'en faites point refus, ce n'est point déshonneur.

Oubliez vostre ayeul, son sceptre et diadème. Oubliez vos majeurs, et vostre père mesme, Portez-vous en esclave, et humble, à deux genous, Suppliez-le qu'il ait quelque pitié de vous ' .

HECUBE.

Que mes maux à pitié vous puissent émouvoir,

0 Pyrrhe, et que les ans de moy que l'âge oppresse,

Et de ma fille aussi l'innocente jeunesse. Poinçonnent vostre cœur : Pyrrhe, laissez-la-moy; C'est mon seul reconfort en ce lugubre esmoy : Elle me sert d'appuy, de baston de vieillesse, Et de sa piété j'adoucis ma tristesse.

Ma filie, vous voyez mes prières voler Autour de son oreille et se perdre par l'air : Ma fille, que ferav-je'^ et (]ue faut-il plus faire? Parlez vous-mesme à lui, c'est voslre propre affaire;

Jetez-vous à ses pieds et requérez merci ; Peut eslre vous rendrez son courage adouci.

POLYXENE.

Pyrrhe, ne détournez votre face en arrière. Ne vous reculez point pour n'ouyr ma prière : Je ne demande rien : je ne vous requiers pas Que me veuillez chétive exempter du Irespas. Rasseurez voslre cœur; vous n'aurez peine aucune A rejeter, félon, marequesle importune.

Non, non, je vous suivray, n'en ayez point de peur,

Je vous suivray partout d'un magnanime cœur.

Ne me vaut-il pas mieux que je meure à ceste heure,

Qu'après mille langueurs en service je meure?

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