‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 561 sur 893 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

Hercnle furieux.

Auprès des Phéniciennes, des Troyennes, de rffécube «e

pluce, par le genre de la composition, VHercule furieux

L est encore une de ces pièces où Euripide, cherchant ua remède al épuisement des combinaisons dramatises a imagine de rassembler plusieurs événements distincts sous un ^e„,e point de vue. Qu'Hercule sauve ses enfants de la mort dont, en son absence, les menaçait un usurpateur cruel ; que plus tard, frappé d'égarement par des dmmtes ennemies ,1 les fasse lui-même périr,'^=e so^

^In hI^I' ."°" ^'^ remarqué, des faits indépendants

1 un de 1 autre, mais que le j-oëte, qui les rapproche ramené, par le contraste mêmi, à l'unité. Cette uni é d'un genre particulier, précédemment exp]i.,ué et sur iequd

il serait superflu d'inïsister, ressortira, je Tespère, avec évidence, de l'analyse de l'ouvrage.

Hercule, gendre de Gréon, roi de Thèbes, a laissé dans cette ville sa femme Mégare et les trois fils qu'il a

eus d'elle. Il veut habiter Argos, patrie de ses aïeux ; il

veut y rétablir son père Amphitryon, qu'en tient depuis

longtemps exilé un meurtre involontaire, et pour qu'Eurysthée consente à leur retour, il s'est soumis à l'accomplissement de tous les travaux que lui imposerait ce

tyran. Jusqu'ici, les plus redoutables épreuves ont tourné à sa gloire; mais on doit craindre qu'il n'en soit pas ainsi de la dernière; car, descendu aux sombres bords, pour en ramener Cerbère, il n'a point reparu. Cependant, à la faveur de son absence, des séditieux ont

placé sur le trône de Thèbes un Eubéen appelé Lycus,

descendant d'un homme de ce nom, époux de l'antique

Dircé. L'usurpateur, déjà meurtrier de Gréon et de ses

frères, veut encore, pour affermir sa nouvelle puissance, mettre à mort ce qui reste de la famille d'Hercule. Le père, la femme, les enfants du héros ont été réduits à se placer sous la protection d'un autel qu'il a autrefois, après une victoire, consacré à Jupiter, devant sa maison. C'est dans ce lieu d'asile que nous les montre, au début de la pièce, dénués de tout, assis, les vêtements en désordre, sur la terre nue, un tableau dont malheurcuse-

Jientle poëte détruit l'effet, si frappant et si pathétique,

en se servant, selon sa coutume, d'Amphitryon et de

Mégare comme de personnages de prologue, pour informer complaisamment le spectateur de tout ce qui vient d'être rappelé. Peu à peu cependant ils rentrent dans leur vrai rôle, celui de personnages dramatiques, uniquement occupés de leur situation, de leur passion, et aussitôt commencent cette vérité d'accent, cet intérêt pathétique, le plus vif attrait des compositions d'Euripide.

Mégare est d'un naturel bien touchant, quand, se reportant aux jours qui ont précédé, elle représente ses jeunes

enfants qui l'interrogent sans cesse sur le retour de leur

père et, au moindre bruit, la quittent, tout joyeux, pour

HERCULE FURIEUX. 3

voler à sa rencontre ; quand, plus préoccupée du pré- Z 1,-àl P-T'' P*"" ""' «'^P'-ession d'une hardiesse familière au poète, comme une tendre couvée vainement

sauver? Ses espérances sont à bout, et elle ne Comprend pas ce les que conserve encore Amphitryon. Une discussion s engage entre les deux infortunésf où paraîf sans affectation, le génie philosophique d'Eu'ripidr C'est dapres la nature, curieusement étudiée, qu'il suppose chez la jeune femme, avec une plus vive impatience d'arriver

ZtrA ''! "!f "'' ""' P^"' Sr^""^' résignation à la per e de la vie ; tandis qu au contraire c'est le vieillard qui

paraïUe plus obstiné à vivre, à compter sur les chances^

Page 1