‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 562 sur 893 · MÉGARE · texte numérisé non relu

MÉGARE

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AMPHITRYON

Des délais viennent les remèdes.

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Ils tardent bien, et cependant Tattente me déchire.

AMPHITRYON

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changent et prennent un autre cours. L'homme de cœar est

celui qui se fie jusqu'au bout à Tespérance. S'abandonner est d'un lâche *.

L'arrivée du chœur termine, comme toujours, le prologue. Ce sont des vieillards thébains que les vers lyriques du poëte nous montrent gravissant, avec bien de la peine, courbés sur leurs bâtons, les pentes qui de l'orchestre mènent à la scène. Ils se soutiennent l'un l'autre,

dans leur marche chancelante, ainsi que jadis, jeunes combattants, ils se secouraient mutuellement de leurs

lances. On devine ce qui les amène, le besoin de consolci dans sa détresse la famille de leurs rois, ne pouvant ];j défendre. Le vif regard des dignes héritiers d'Hercule lesi

charme, et ils regrettent amèrement les guerriers qu'un tel regard annonce, et dont un acte barbare va priver la

Grèce.

Cet acte, Lycus vient devant eux en proclamer la nécessité, en hâter l'exécution. Il a tué Créon; ce n'est pas

pour laisser vivre ses futurs vengeurs. Que veut-on en retardant si longtemps leur mort? Hercule ne reviendra pas des enfers pour les défendre; et son nom même, que l'on invoque, ce nom que le mensonge seul a fait grand, ne mérite pas de les protéger. Tel est en substance un

discours où Lycus avoue impudemment sa politique sanguinaire, insulte avec une cruauté impitoyable à l'impuissance de ses victimes, et, troublé intérieurement de la pensée qu'il s'attaque au sang d'Hercule, se rassure en rappelant la mort, s'absout en niant la gloire du héros.

Un tel discours, bien qu'étranger aux habitudes de notre scène, laquelle ne peint guère des mœurs si franchement atroces, ne manque pas de vérité. Ce qui en manque, c'est la dispute de Lycus et d'Amphitryon sur l'estime due à Hercule, et particulièrement aux guerriers qui, dans les combats, font usage de l'arc ^ Ce passage.

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