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HERCULE FURIEUX. 5
par quelque allusion contemporaine *, a pu plaire aux Athéniens, amoureux d'ailleurs, je l'ai dit souvent, des débats contradictoires du barreau, et qui les retrouvaient volontiers au théâtre : pour nous, nous jugeons qu'Euripide a
trop complaisamment consulté leurs préoccupations présentes et flatté leur goût, quand il a refroidi par une si oiseuse polémique une situation si vive.
Elle se réchauffe et, comme le chœur en fait la remarque ^ pour l'instruction du spectateur, élève naturellement à l'éloquence le langage d'Amphitryon, quand, ne se possédant plus, il reproche à Lycus son lâche attentat, le menace des justes retours du sort, accuse l'ingrate indifférence de Thèbes et de la Grèce qui abandonnent à un laible vieillard le soin de défendre contre lui la vie des
enfants d'Hercule. A tout instant il change d'interlocu-
teur : ce ne sont que véhémentes apostrophes à Lycus, aux Thébains, aux Grecs, à ces enfants délaissés, qui tournent vers leur seul et inutile protecteur leurs regards suppliants. Il n'a plus, hélas ! sa force première ; la vieillesse ait trembler son bras. Oh! s'il redevenait ce qu'il fut, comme il saisirait sa lance, et, ensanglantant la blonde chevelure du tyran, le ferait fuir, plein de terreur, au delà des bornes de l'Atlas!
Lycus répond par l'ordre d'allumer de grands feux autour de l'autel embrassé par ses victimes, afin qu'elles y périssent étouffées. Cette étrange façon de comprendre le droit d'asile et d'accorder avec le resnect des dieux la sa-
1. Peut-être, comme on l'a pensé, à la défaite essuyée par un de
leurs généraux, Hippocrate, dans le combat de Délos, faute d'hommes de trait, la première année de la lxxxix" olympiade (Thucyd. V, 90, 94) ; ce qui a été pour quelques critiMues une raison de rapporter à la deuxième la date de l'Hercule furieux. Voyez Zindorfer, De chronol. fibul Euripid., 1839; J. A. Hartiing, Euripid. restilut., 1844, t. II, p. 19 sqq.; H. Weil, De tragœdiarum grœcarum cum rébus publicis cmjunctione, 1844, p. 37. M. Th. Fïx, Euripid., éd. F. Didot,l843,
I tironoL. fabuL, p. xi, aperçoit bien dans le passage une allusion de ce genre; mais il rapproche ce qui y a donné lieu de la date que, par (les raisons particulières, tirées d'autres allusions, comme on le verra pJus loin, et de certains détails de versification, il assigne à V Hercule furieux, la première année de la x/ olympiade.