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tisfaction de sa cruauté, nous l'avons déjà rencontrée chez Euripide*. Nous en trouverions des exemples hors de la fable, dans l'histoire elle-même. Il n'y avait pas bien longtemps qu a Sparte on avait muré les portes du temple où
s*était réfugié Pausanias.
Ce n'est pas sans une opposition nouvelle que Lycus s'apprête à consommer son attentat. Les vieillards du choeur^
que tout à l'heure il insultait, il menaçait, les traitant outrageusement d'esclaves révoltés, parce qu'ils semblaient
ne pas approuver ses fureurs, s'excitent avec colère à leur
résister. C'est le roi d'une jeunesse factieuse, ce n'est pas leur roi ; ils ne veulent point lui obéir. Tant qu'ils vivront, on ne portera pas la main sur les fils d'Hercule. Qu'attendent-ils pour frapper de leurs bâtons la tête scélérate du
tyran? C'est ainsi qu'ils parlent, et puis, comme Amphitryon, ils songent à leur âge, à leur faiblesse ; ils se sentent sans force contre l'oppression.
Les choses arrivées à ce point, Mégare accomplit la résolution que nous ont fait pressentir ses premières paroles ; elle va d'elle-même, noblement, au-devant du coup inévitable. Il faut ajouter ce personnage à tous ces héros du devoir, de la résignation, du sacrifice, que le contempteur, l'ennemi des femmes, comme on appelait Euripide, a empruntés en si grand nombre à leur sexe. Est-il trop
subtil de remarquer que, par un sentiment délicat de sa dignité, Mégare, en cédant à Lycus, ne lui adresse pas la parole? C'est aux vieillards thébains, c'est à Amphitryon, qu'elle parle. Elle remercie les uns de leur zèle généreux, mais les engage à ne pas se compromettre plus longtemps,
pour une cause perdue ; elle presse l'autre respectueusement d'entrer dans les raisons qui la déterminent à se soumettre. Sans doute, elle aime ses enfants : comment n'aimerait-elle pas ceux qu'elle a mis au monde avec tant de peine? Sans doute, mourir lui paraît cruel : mais la
nécessité, contre laquelle il est insensé de se révolter, la contraint. Attendront-ils que les flammes les consument,