Andromach.y v. 257. Voyez notre t. III, p
HERCULE FURIEUX, 7
pour lournir, mal pire que la mort î un sujet de risée à leurs ennemis? Ils ont à honorer par leur courage, Amphitryon, son ancienne gloire guerrière, Mégare et ses enfants, le titre de femme et de fils d*Hercule. Nul sujet,
• d'ailleurs, d'espérer encore. Hercule ne sortira pas des
lieux d'où aucun mortel ne sort, et Lycus ne se laissera pas fléchir. La pensée lui est bien venue, comme à Amphitryon ,
de demander l'exil pour ses enfants; mais c'était les condamner à toutes les misères, à toutes les hontes de cette
condition; plutôt la mort. Elle fait appel au noble cœur
d'Amphitryon pour qu'il s'y résigne avec elle, puisque aussi
bien il ne saurait s'y soustraire. ^
On pourrait demander si ce discours, d'une élévation naturelle, ne tourne pas quelque peu à la déclamation,
quand on y entend une mère préférer la mort de ses enfants au froid accueil qu'ils eussent reçu, errants hors de leur patrie, d'hôtes indifférents. Mais, je me l'imagine, si
elle parle ainsi de l'exil, c'est par une ruse involontaire de sa fierté et de sa douleur, pour ne pas descendre à
solliciter une grâce quelle n'obtiendrait pas, pour se consoler de n'y pouvoir prétendre. Je n'aurai pas plus de peine à justifier Mégare de sa dureté gratuite à Tégard d'Amphitryon, quand, lui donnant une leçon de courage, comme s'il en avait besoin, elle loblige à lui répondre
qu'il n'aime pas lâchement la vie, qu'il ne craint pas la
mort, qu'il est prêt à la subir, quelque supplice qu'on lui destine, mais qu'il voulait, qu'il espérait sauver les enfants d'Hercule. Sans doute elle est injuste, et elle l'a dé]k été, absolument de même, dans la première scène. Le
poëte, je le pense encore, a voulu qu'elle le fût, dût-elle y perdre quelque chose, parce qu'une telle injustice est dans la nature. La jeunesse, qui court, avec une sorte d'empressement orgueilleux, au sacrifice, ne souffre pas sans impatience, et taxe volontiers de timidité, les délais
prudents du vieillard qui a appris de l'expérience à attendre
et à espérer.
Mais c'en est fait; le père et la femme d'Hercule sont
d'accord pour mourir. Ils demandent comme unique
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grâce ce que Lycus, lui-même, ne peut refuser, l'un qu*on leur épargne, en les immolant les premiers, la douleur de voir mourir leurs enfants ; l'autre, qu'il lui
soit permis de les ramener une fois encore dans la maison
paternelle, et de les y revêtir, ce sera leur seule part
dans leur héritage, de voiles funèbres. Tous s'éloignent,
Lycus pour attendre que ses victimes soient prêtes,
Mégare et Amphitryon, pour s'occuper de ces tristes apprêts. Amphitryon quitte la scène le dernier, adressant à Jupiter, qui les délaisse dans leur détresse, des reproches où le désespoir s'emporte jusqu'au blasphème*. Ceux qui se rappelleront avec quel sérieux, quelle majesté l'auteur du Bouclier d'Hercule* retrace l'aventure