‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 566 sur 893 · V. 338 sqq · texte numérisé non relu

V. 338 sqq

2. Hésiod., Scut. IJerc, \ snq. : « ....Telleencore,quiltant la maison

de son père, la terre de sa pafrie, suivit à Thèbes Amphitryon, ce valeureux guerrier, Alcmène, cette fille du belliqueux roi Électryon. Elle surpassait tout son s'sxc par la beauté de son visage et la majesté de sa taille : pour la prudence, nulle ne lui en eût disputé le prix, de toutes les filles que de mortelles compagnes ont données à des mortels : de ses cheveux, de ses noires paupières s'exhalai le même parfum que de la tète dorée de Vénus : et toutefois, au fond de son cœur, elle honorait son époux, plus que jamais aucune femme n'honora le sien. 11 lui avait ravi son généreux père par un coup malheureux, dans un mouvement de colère, pour des troupeaux ; et forcé de fuir sa terre natale, il éiait venu à Thèbes en suppliant, implorer la pitié des des-

cendantf de Cadmus qui portent le bouclier. Il y trouva un asile et y vécut avec sa noble épouse, mais sans jouir encore de son doux commerce : il ne devait point Ctre reçu dans la couche de la charmante

fille d'Êleciryon, qu'il n'eût vengé' le trépas de ses frères magnanimes et porté l;i flamme dans les bourgades des héroïques habitants de Taphos < t de Téièbe. C'était là sa promesse dont les dieux avaient été témoins. Craignant d-inc leur courroux, il s'empressa de mettre fin à la grande œuvre qne lui imposait un devoir sacré. Avec lui marchaient , avides fie guerre et de combats, les Béotiens, cavaliers intrépides, qui ne cachent point leur tête sous leurs boucliers, les Locriens, ardents à combattre de près, les Phocéens au grand cœui. A tous ces peuples commandait le brave , le glorieux fils d'Alcée. Cependant le père des dieux et des hommes tramait en son esprit un autre dessein : il voulait se donner un fils, et aux immortels aussi bien qu'aux humains un protecteur puissant. Il quitte donc l'Olympe, cherchant en lui-même par quelle ru.>e il s'assurera pendant la nuit la possession

de la beauté qu'il désire. Bientôt il est sur le Typhaonius, d'où il s'élance au sommet du Phicius, et là il se repose, rêvant à son œuvre divine. La même nuit, dans la couche et parmi les caresses de la fille d'Électryon, il l'eut accomplie : la môme nuit le vaillant, l'illustre hé-

HERCULE FURIEUX. 9

d* Alcmène, mise d'ailleurs d'assez bonne heure en comédie chez les Grecs, par Archippus*, par Rhinton*, et

devenue depuis si comique chez Plante, chez Rotrou, che? Molière, ne s'étonneront pas que l'Amphitryon d'Euripide,

qui déjà plus d'une fois ' a rappelé conaine un titre d'hon

neur son partage avec Jupiter^, s'en prévale maintenant

pour réclamer le secours, pour accuser l'indifférence du

roi des dieux.

Ici se place naturellement, car l'entretien suprême

d*une mère avec ses enfants demande quelque temps, un

assez long intermède, dans lequel le chœur, repassant toute l'histoire des travaux d'Hercule, en couronne^ poétiquement sa mémoire. Cet hymne de gloire finit bien tristement ! une dernière strophe sur le voyage qui a

conduit Hercule aux enfers, pour n'en plus revenir,

pense-t-on, qui a privé, à jamais, de son appui sa maison, sert de transition à des vers, où, selon le génie pittoresque de la tragédie grecque, est représenté le tableau frappant qui ramène le drame sur la scène, le tableau de

Mégare traînant à la mort, avec le triste Amphitryon,

ses enfants, parés par ses mains des ornements du tombeau. Bientôt c'est elle qu'on entend, et à qui le peintre

ros Amphitryon, ayant achevé son entreprise, fut de retour et sans prendre le temps de visiter ses serviteurs et ses bergers, entra d'abord

au lit de son épouse; tant était vif le désir qui pressait ce pasteur des peuples. Comme un homme joyeux d'échapper aux longs ennuis d'une

maladie cruelle ou d'un dur esclavage, Amphitryon, quitte enfin de sa pénible tâche, rentrait dans sa maison avec désir, avec amour. Toute la nuit il reposa près de son épouse, et jouit avec elle des dons de la blonde Vénus. De ce double commerce avec un dieu et l'un des premiers parmi le?, mortels, Alcmène devint mère dans rhèt)es, dans la \ille aux sept portes, de deux fils bien peu semblables entre eux, quoique frères, de natures bien inégales, du fort, du redoutable Her cule, engendré par Jupiter qui as^emble les nuages, d'Iphiclée, issu d'Amphilryon, habile à manier la lance; postérité diverse, comme devaient être le rejeton d'un homme, dun mortel, et celui du fils de

Saturne, qui commande à tous les dieux. »

1, Meineke, Hist. crit. comic. grœc.j t. I, p. 208.

î. Athen., Deipn. III.

3. V. I, 148, 169. Cf. 338, 3ô2, 780 sqa. 807, 869, 1236 sqq.

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