Prévost
HERCULE FURIEUX. 13
cliarme le cœur par l'expression de plus doux, de plus
aimaljles sentiments, que le morceau final de la scène.
Hercule, au milieu de sa famille tremblante encore, qu'il
s'efforce, sans y pouvoir entièrement réussir, de rassurer,
Hercule, cédant de bonne grâce aux tendresses, aux faiblesses du sang, n'y paraît plus, malgré sa peau de lion et
sa massue, qu'un père tout comme un autre. Nous possédons un groupe antique * qui le représente dans cet héroïque
attirail avec le petit Télèplio, son fils, sô jouant dans SGS
bras. Tel à peu. près le -voit-on. ici. L'in^ton^tion générale du
poète, qu'on lui a reprochée' bien sévèrement, comme un
ouLli de l'idéal, de ramener en certaines choSÛS Ifig hérOS
eux-niênies au niveau corarauii de riiumanité, y est non-
seulement évidente, mais avouée.
« Venez, mes enTanxs, avec votre p.'re, à. la maison. Vous
y rentrez plus heureusement que vous n'en êtes sortis. Il faut
avoir bon courage; il faut retenir ces laniiGS qui s'échappent
de vos yeux. Et toi, chère femme, reprends tes esprits, ne
iremble plus. Pourquoi VOUS altiicher ainsi à moi? je n'ai point
d'ailes, je ne veux point échapper à ceux qui m'aiment. Mais, voyez ! ils ne me lâchent Y>oint ; au contraire, ils se suspen-
dent à mes yetemcnts^ Ah ! vous étiez, je le comprends, sur le bord du précipice. Eh bien, je vais vous prendre, vous mener, comme un vaisseau de ligîTcs barques \ Je ne me refuse
pas au doux service de mes enfants. En cela, tous les hommes
sont égaux : ils aiment tous leurs enfant<5, les plus lUustres,
les gens fie rien. Par la puissance par la richesse, ils difTèrent ; les uns ont, les autres pas ; à tous, leurs enfants sont
diersl»
Restés seuls une seconde fois, les vieillards qui forment
le chœur, commencent un second intermède, que Brumoy traite, ainsi que le premier, bien durement, quand il les
dit également dénués d'intérêt, du moins pour nous.
Gela n'est pas même exact; car l'un, revue poétique des