Cf. V. 1399; troad., v.&îôsqq 6. Y
travaux d'Hercule, devait plaire d.avantag'e aux anciens ;
l'autre^ expression mélan(.olique d'une des plus grandes mi-
sères de la condition humaine, a de quoi plaire encore aux
modernes. Ces vieillards, qui tout à l'heure, condamnés
à voir immoler sous leurs yeux la famille de leurs rois,
sans pouvoir la défendre, ont senti si doulou^reiasement leiar impuissance, s'entretîenn.en.t, dans des vers dont
Cicéron s'est souvenu ^ du malheur de vieillir; ils célèbrent, pleins de regrets, la jeunesse^ le plus précieux des
biens, si telle avec la ricliesse, si telle encore dans la
pauvreté : ils la voudraient éternelle ; ils souhaiteraient
du moins qu'elle recommençât pour l'homme vertueux,
fournissant par ce renouvellement un moyen facile et sûr
de distinguer les bons et les méchants. Quant à leurs
vieux jours, ils les embellissent, ajoutent-ils, par le culte
des IVIuses ; ils veiilent les achever parmi les vers et les coiironnes, chantant jusqu'à, leur dernier jour les dieux,
et avec eux Hercule, dont les travaux ont assuré la paix
des mortels. Tel est le dessein de ce morceau^, qui a souvent le charme des odes philosophiques d'Horace, et dont
Grrotius, qui l'a tradviit avec une rare élégance, jugeait
certes plus favorablement que Brumoy. Sans doute,
comme bien d'autres du même genre chez Euripide, et
même chez Sophocle, il ne tient pas fort étroitement à
l'ouvrage; mais par quels liens ingénieux, à son point de
départ et à sa concliasion, le p>oëte a su l'y rattacher ! Des vers g-racieu.x: y -parlent de jeiines filles <jui mènent des
chœui'8 de danse autour du temple de Délos, en cliautaut
les louang:es des enfants de Latone'. Si. comme on Ta
HERCULE FURIEUX
pensé*, c'est une allusion aux tneories envoyées dans
l'île sacrée par les Athéniens, et que cette allusion ait eu
lieu, comme il était assez naturel^ vers l'époaue où en re-
1. de SenecL, 2 : i Quae (seneclus) plerisque senibus sic odiosavsl,
onus se -/Etna. £^ra.vius dicant sustinere. »